En sortant de Madrid, un élevage de vaches laitières, des parcelles de maraîchage puis un grand jardin familial.

mars 27, 2014 dans Alimentation par Agrovélocités

Mardi 25 février,

En sortant de Madrid (à côté du périphérique de Coslada), un élevage de vaches laitières, des parcelles en maraîchage et céréaliculture et des jardins familiaux (au centre d’éducation environnemental de Henares).

 Disponible ! La fiche technique « En sortant de Madrid, trois situations différentes… ! 

__________________________

Nous vous présentons conjointement ces trois lieux car situés dans une même zone de Madrid, ils ont des caractéristiques totalement différentes.

Nous sortons de Madrid, nous sommes plus précisément sur le périphérique passant autour de Coslada lorsque nous voyons un élevage de vaches laitières.

L’ouvrier agricole avec qui nous parlons nous apprend qu’il y a 142 vaches laitières (des prim’Holstein) auxquelles il faut ajouter « la suite » (i.e les veaux et génisses, soit environ 250 animaux en tout).

vaches et avions

Vaches et avion

Nous arrivons ensuite à discuter avec le propriétaire de la ferme, qui nous dit à plusieurs reprises que les animaux souffrent de leur situation, ce qui confirme ce que nous voyons, les animaux sont en mauvais état dans une parcelle pleine de boue. L’agriculteur a acheté les terrains il y a plus d’une quarantaine d’années, et a été exproprié en 2005 par la mairie qui voulait faire à cet endroit un parc. Toutefois, n’ayant toujours pas reçu d’argent, il est toujours là, même « s’il préfèrerait qu’on le paye pour aller recommencer tout ailleurs ». A cause de cette expropriation, il ne peut pas faire de nouveau bâtiment, comme une nouvelle stabulation qui permettrait d’avoir une situation plus propre (il nous explique que la France avec ses nombreux petits élevages est en retard, alors qu’en Espagne il est possible de faire des élevages à 500 vaches en stabulation). Pour avoir un peu d’argent, ne pouvant demander de subventions pour des constructions, il a demandé des subventions pour un nouveau tracteur.

vaches en mauvais état

Une parcelle en mauvais état

Nous lui demandons de nous parler de l’évolution du paysage, il nous explique qu’auparavant, il n’y avait aucune construction à proximité ! Alors que maintenant il est à proximité d’un pôle multisport, qui pose visiblement problème (bruit le week end) et comme nous pouvons le constater, l’exploitation est encerclée de routes et les avions passent juste au-dessus, ce qui peut d’ailleurs expliquer l’absence d’urbanisation. Il ne voit pas d’intérêt à des systèmes de vente type circuit court, il vend actuellement sa production laitière à une entreprise qui fait du fromage industriel. Il nous répètera à plusieurs reprises que sa situation n’est pas favorable, qu’il travaille beaucoup et ne gagne pas grand-chose, il a toutefois deux employés.

Nb : « L’impossibilité de moderniser mon exploitation c’est comme si vous ne pouviez pas changer les freins et les vitesses sur votre vélo, vous n’iriez pas bien loin ! »

vaches devant urbain

Devant l’urbain, des vaches laitières prim’Holstein

culture maraichères

Une parcelle maraîchère bien entretenue

Nous voyons juste à côté un ensemble de parcelles de cultures maraichères entourées de parcelles de blé avec une infrastructure permettant un arrosage gravitaire, des gens sont en train de travailler, nous allons voir.

Après avoir franchi un portail et parcouru un chemin qui longe un cours d’eau, nous pénétrons vers un des cabanons.

Nous engageons la discussion avec un propriétaire en train de désherber, assez froidement il nous dit « je ne peux pas vous parler d’agriculture, je n’y connais rien moi, il faut aller voir les deux hommes à côté ». Nous arrivons tout de même à savoir que cet homme fait seulement du jardin pour sa famille. Dans le but de ne pas avoir à venir s’occuper trop souvent de sa parcelle, il ne met par exemple pas de tomate (qui oblige à venir tous les jours), mais privilégie les patates, les fèves… qu’il est d’ailleurs en train de désherber. Sur son terrain (qu’il a acheté il y a plus d’une vingtaine d’année) il y a aussi des fruitiers : des figuiers et de la vigne.

cabanons

Les cabanons au milieu des parcelles


Il nous dit qu’il achète le reste de son alimentation au supermarché ou au marché.

Sur ces recommandations et pour en savoir plus nous allons voir les deux hommes qui travaillaient sur la parcelle d’à côté.

chassis et canal gravitaire

Un support de chassis à côté d’un canal d’irrigation gravitaire

Au moment où nous arrivons, les deux hommes sont en train de se changer, ils sont sur le départ et ne parlent pas beaucoup. Nous arrivons tout de même à savoir qu’ils font beaucoup de légumes, qu’ils vendent sur le marché. L’un des deux semble être le responsable et l’autre un ami. Pendant qu’ils nous parlent, nous voyons dans leur local beaucoup de pesticides, ce qui concorde avec leur propos « on ne peut pas ne pas mettre de produit même si c’est de la très bonne terre ». Le propriétaire possède une partie du blé visible autour des parcelles de maraîchage, il le vend à une coopérative qui en fait de la farine. « Le responsable » nous apprend qu’ils ont toujours été propriétaires, le grand père ayant acheté il y a cinquante ans. Enfin, c’est cet homme qui gère les tours et le réseau pour l’arrosage gravitaire.

Un peu plus loin, deux hommes sont en train de faire des cuvettes autour d’arbres fruitiers, nous nous séparons, Simon va les voir pendant qu’Etienne et Yoann discutent avec deux autres hommes.

Les deux cousins, qui s’activent autour des fruitiers sont au chômage : l’un était dans le domaine du bâtiment et l’autre trapéziste. Ils ont décidé de se mettre à travailler ces plus de 1000 m² pour la production familiale « et pour vendre si ça marche bien ». Le terrain appartenant à leur grands parents, leur grand-mère encore vivante leur donne des conseils, eux qui déclarent ne savoir qu’un peu cultiver la terre, d’après ce qu’ils ont vu étant petits.

Avec un motoculteur et une débroussailleuse ils ont déjà remis en culture cette année une bonne partie du sol. Ils ont planté des oliviers, des cerisiers et des amandiers. Ils veulent aussi installer des poules pour avoir des œufs et qu’elles mangent les ravageurs type vers, en plus des chats qui sont là « pour chasser les taupes »

Ils sont très intéressés lorsqu’ils apprennent l’existence du Red de huertos urbanos, notamment pour les aspects techniques, sur lesquels ils souhaitent vraiment s’améliorer. Toutefois, si le Red de Huertos n’a pas normalement de lien avec les jardins à buts lucratifs, on peut imaginer que des échanges aient lieu, dans le but commun d’augmenter la sécurité alimentaire locale de la ville. Au niveau du contexte, nous apprenons que les terrains à côté sont à leur grand oncles/tantes (ils sont plus ou moins en friches). A la question qu’est-ce qui vous à donner envie de faire ça ils répondent : « s’occuper, profiter de ce terrain et le maintenir en état, payer moins cher les légumes et manger des légumes qui ne sont pas juste de l’eau et des produits ».

Pendant ce temps, Etienne et Yoann discutent avec deux autres hommes

tuyaux arrosage gravitaire

Les tuyaux reliant les canaux d’irrigation gravitaire

Leur terrain (qui leur a été offert il y a 7 ans) n’est pas énorme mais cela suffit pour produire pour eux, famille et amis. Possédant comme les autres parcelles un système d’irrigation gravitaire, ces deux jardiniers cultivent de nombreuses espèces. Un des deux hommes à un fils qui fait de la foresterie à Nancy, de plus ils nous indiquent un autre jardin, (voir ci-dessous). Nous repartons en même temps qu’eux car ce sont les derniers et ils doivent fermer le portail (avec une clef commune), les liens entre les jardiniers ne semblent pas allez plus loin.

Nous prenons la route M205 et passons au-dessus de la M 50, nous tournons alors à droite et passons devant une immense réserve d’essence. Nous pénétrons alors dans le grand jardin d’Hénarès, à proximité d’un centre de formation agricole et abritant un centre d’éducation environnemental.

panneau entrée

Panneau à l’entrée du jardin

C’est un ensemble de plusieurs zones, gérées par une association différente à chaque fois. Il y a une route au milieu, des infrastructures importantes (douches, wc, salle commune…). Etienne discute avec un des premiers jardiniers du jardin (un des trois doyens). Selon lui, ce serait le président de la communauté de Madrid qui a pioché l’idée de jardin en Hollande lors d’un déplacement. C’est alors un des premiers jardins à but non commercial et non exclusivement productif : « huerto de ocio ». Le fonctionnement est régi par un bail de quatre ans et demi, renouvelable, si le jardin est réellement utilisé, ceci pour un coût de 180 euros par an. Au niveau des pratiques agricoles, tout doit être bio et ceci est cohérent avec les panneaux de sensibilisation présents au niveau du centre d’éducation environnemental. Ce jardinier habite à côté à Torrejon de Ardoz et vient donc en voiture comme la plupart des personnes. Pour lui, l’avantage de ce jardin est que « l’été tu peux jardiner, c’est du gros boulot, transpirer et aller te doucher après » La production jardinière est destinée à lui, sa famille et ses amis. Le reste de consommation alimentaire vient de chez carrefour. En tant que retraité, ancien sportif, le jardinage lui permet d’avoir une activité de plein air.

cadaparcellesucabanon 

Chaque parcelle (240 de 250 m²) a son cabanon

marché écologique

Un marché bio pour compléter la production des jardiniers ?

Pour plus d’information : http://www.madrid.org/cs/Satellite?c=CM_Actuaciones_FA&cid=1142314660051&idTema=1109265603340&pagename=ComunidadMadrid%2FEstructura&pv=1114184506471&segmento=1

Ou contact : Centro Caserío de Henares Camino de la Vega, s/n 28830 – San Fernando de Henares (Madrid) Telf. y fax: 91 673 82 99

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les jardins familiaux d’Alenya

mars 26, 2014 dans Alimentation par Agrovélocités

Disponible ! la fiche technique jardin familiaux Alenya en pdf

Cette commune de 3000 habitants non loin de Perpignan possède un espace de jardins familiaux depuis mai 2013. C’est une élue de la commune rencontrée lors d’une pause déjeuner sur la place du village qui nous accompagne sur la parcelle et répond à nos questions.

Des jardins créés à la demande des habitants

La commune d’Alenya possédait des jardins ouvriers au début du siècle. A l’origine des petites parcelles étaient mises à la disposition des ouvriers par les grands propriétaires agricoles de l’époque pour satisfaire aux besoins des familles. Or, depuis 1960 ces jardins familiaux ont disparu même si un bon nombre d’habitants possède toujours un petit jardin à coté de sa maison, pour y  faire pousser fruits et légumes. C’est un maire de sensibilité de gauche qui met en place les jardins actuels il y a moins d’un an. L’idée était de relancer cette pratique sur la commune pour aider les personnes qui ont ou auront des problèmes pour se nourrir de manière équilibrée. Le coût des fruits et légumes frais produits en agriculture biologique semble rester inaccessible pour les familles les plus pauvres. Ces jardins ont pour but de pallier ce manque et permettre à ces familles d’avoir accès à une alimentation équilibrée et de qualités. Aujourd’hui toutes les parcelles sont utilisées et les demandes sont enregistrées sur une liste d’attente.

alenya 3

 

Un engagement de la commune

Ce projet a pu être réalisé grâce à un don (pour un euro symbolique)  d’un agriculteur de la zone. La parcelle d’un hectare est située en zone inondable selon le Plan Local d’Urbanisme (PLU) et ne fait pas l’objet d’une pression foncière importante. Ce projet s’inscrit dans l’agenda 21 de la commune avec notamment une démarche de réduction d’utilisation de produits phytosanitaires pour l’entretien des espaces verts. Le conseil municipal milite pour le droit à une alimentation de qualité accessible à tous. Pour la mise en place du jardin, la commune a demandé le soutien du conseil général des Pyrénées Orientales qui a participé aux 30 000 euros d’investissement nécessaire.

 

Organisation du jardin

Le jardin divisé en 30 micro-parcelles est grillagé et comporte 5 cabanons qui sont utilisés en commun par plusieurs jardiniers. La commune a également mis en place un réseau d’eau pour que chaque parcelle dispose d’un robinet. Le seul coût à la charge des jardiniers est l’eau facturée à la compagnie des eaux du bas Languedoc. Ainsi les jardiniers sont organisés en association à la demande de la mairie qui garde un droit de regard sur son fonctionnement (signature d’une convention). L’association gère le jardin au quotidien et notamment la répartition des frais d’eau entre les jardiniers. Un règlement a également été rédigé, ainsi  les parcelles ne peuvent pas accueillir des activités de loisirs prenant la place du jardinage et doivent garder leurs rôle nourricier. De plus les pratiques employées doivent être en respect avec l’environnement et ne pas utiliser de produits chimiques. Les personnes ne respectant pas ces conditions peuvent être exclues du jardin.

alenya 4

 

Témoignages de jardiniers

          En discutant avec les jardiniers présents lors de notre visite nous apprenons que le jardin est un terrain de jeu idéal pour les plus jeunes enfants qui se font ennuyer par les adolescents dans le centre du village.

Nous rencontrons des habitants d’origine portugaise venus travailler comme ouvriers agricoles dans la région. Nous remarquons la culture de choux comme nous l’avions vu lors de notre passage en Portugal. Ici, le jardin se fait le reflet des origines de la personne, de ses racines.

alenya 2

 

Un jardinier nous explique les problèmes qu’il rencontre pour cultiver cette terre et notamment la présence du chiendent :  « Il y a plein de chiendent, la terre est sèche et assez dure à travailler. Apparemment elle n’était pas cultivée avant. » Nous remarquons une bande de compost sur sa parcelle « ça c’est juste le début, je vais faire ça partout après, les vers de terre ils vont l’enfouir, en une journée ils font le même travail qu’un labour, on nous apprenait ça avant. Cette technique du compost, ça va éviter que les mauvaises herbes elles repoussent, ça va enrichir le sol  et il va mieux retenir l’humidité ». L’homme en question est diplômé en horticulture et a travaillé 2 ans pour les espaces verts de la ville de Nancy. Mais après la majeure partie de sa carrière à travailler pour une banque, il profite de la retraite pour reprendre le jardinage.

alenya 1

 

Contacts :   Association des jardiniers des figueretes 1, avenue Joliot Curie, 66200 ALENYA ; article de l’inauguration 

Translate »