Nos réflexions sur l’agriculture urbaine en mars 2014 : Nos premiers résultats, à creuser par la suite, par nous…et par d’autres ?!

mars 26, 2014 dans Nos réflexions générales par Agrovélocités

Des premiers résultats vraiment intéressants, des pistes de réflexion pour la suite, pour nous..et pour d’autres ?

1° Quand les promoteurs ou les institutions ne construisent pas à cause de la crise, quelle suite demain ?

Nous avons pu constater (à Madrid notamment) que l’un des liens entre la crise économique et l’essor de l’agriculture urbaine est la non construction sur des terrains prévus pour l’urbanisation par les promoteurs immobiliers ou la non réalisation de projets par les communes et les autres institutions. En effet, à Madrid certains terrains sont destinés à la construction d’édifices pour la population (musée, bibliothèque, piscine, école..), or du fait de la crise économique, la mairie ne pouvant financer de projet sur ces terrains, les quartiers en ont profité pour réinvestir ces espaces et en faire « des sortes de place de village ». Actuellement, à Madrid le réseau « Red de huertos urbanos » est en discussion avec la mairie pour transformer l’inscription de ces espaces sur le plan d’urbanisme afin de les noter en « espace vert ». Se pose la question de la réussite de cette discussion et de l’avenir de ces espaces lorsque la crise va se terminer. Un travail de suivi de ces parcelles lors du redémarrage économique de l’Espagne pourrait être intéressant.

Pasdeconstructiondoncunjardin

Un jardin à la place de logements sociaux, quand les institutions n’ont plus d’argent, les habitants ont des idées.

 

2° Les diffusions de technique, une piste à creuser à plusieurs échelles ?

Nous avons remarqué que des dynamiques de diffusion de savoirs et de techniques existent dans les différents réseaux rencontrés. A l’échelle d’une ville comme Bilbao nous avons vu à quel point un agriculteur passionné et impliqué dans la plupart des projets d’agriculture urbaine de cette ville diffuse une pratique pour réaliser un substrat de culture. A Madrid, à l’échelle du Red de Huertos Urbanos, nous avons vu que la plupart des jardins qui en font partie ont de grosses similarités : utilisation de palettes, planches de cultures surélevées, utilisation d’un arrosage goutte à goutte gravitaire,… A Saragosse dans un jardin familial où est dispensé à chaque locataire au départ un cours de jardinage avec des connaissances et des pratiques de cultures biologiques, nous avons pu constaté que de nombreux jardiniers réutilisent notamment la pratique de la culture en buttes sur leur parcelle. Dans d’autres jardins, nous avons pu voir des techniques similaires (parfois un peu étrange) dans des parcelle plus ou moins voisines avec en général des modifications, quel lien entre les jardiniers..

Cela nous amène à penser qu’à l’échelle d’une ville comme d’un jardin divisé en multiples parcelles, se poser la question de la diffusion (consciente et inconsciente -effet de mimétisme?-) de techniques peut faire l’objet d’un travail d’étude socio-technique de plus longue durée.

3° Quel sens à la réalisation de jardins avec beaucoup d’infrastructures, de grillage, de béton ?

Dans les projets réalisés par les institutions comme les mairies, nous avons remarqué que les projets mobilisent parfois des infrastructures importantes (avec de forts coûts financiers) avec des grillages, des cabanes sur dalles de béton et de nombreux autres aménagements qui nous amènent à poser la question : ces projets de jardins familiaux ne sont-ils pas une sorte d’urbanisation des terres agricoles ?

Tropdegrillage

Autant de grillage et de béton étaient-ils vraiment nécessaires ?

4° L’agriculture urbaine, pour quel public ?

Au fur et à mesure de nos rencontres, nous avons pu constater que certains types publics semblent exister en fonction aussi du type d’agriculture urbaine que nous rencontrons. Toutefois, nous ne sommes pas encore en état de proposer de typologie. Nous pouvons seulement signaler que dans les jardins familiaux créés par les communes nous avons souvent vu des personnes retraitées et qu’en centre ville, sur les lieux autogérés nous avons eu plus à faire à des trentenaires “sensibles” aux questions environnementales.

unpublicjeuneaujardindetetuan

Un jardin au public plutôt jeune

5° La vente ou location de terre agricole pour le jardinage urbain, un nouveau marché ?

Nous avons pu constater qu’en Espagne des activités entrepreneuriales de location de jardin sont naissantes. Ce phénomène est aussi visible en France, nous avons vu près de Torreilles une location de jardinage et en sortant de Narbonne un ensemble de parcelles qui ont été vendues au m². N’assisterait-on pas à une nouvelle façon de valoriser les terres agricoles lorsque celles ci sont trop petites pour être cultivées mécaniquement ? une nouvelle forme de diversification d’activités avec la vente des services attenants (eau, cours, engrais, outils, travail du sol et pourquoi pas.. entretien du jardin pendant le départ en vacances du jardinier ?) ? une nouvelle façon de valoriser économiquement des terres sorties de la spéculation à cause d’un PLU en les vendant de manière fragmentée à un prix plus élevé que pour une activité  agricole ?

6°L’éducation, une visée principale de l’agriculture urbaine ?

Une tendance lourde, la volonté d’enseigner, aux urbains, adultes comme enfants la manière dont pousse un légume. Professeur de jardinage, un métier d’avenir ?

pancarteexplicative

 Une des nombreuses pancartes explicatives

éducationentomologie

 Un graffiti/oeuvre d’art/arbre phylogénétique pour expliquer les différentes familles d’insectes

sensibilisationenvironnement

 

Une pancarte de sensibilisation sur l’environnement et les déchets « Ceci est un espace autogéré, emmène tes poubelles, il n’y a pas de service de propreté »… n’est ce pas le cas de notre planète ?

 

 

 

 

 

Nos réflexions sur l’agriculture urbaine en mars 2014 : plein de pays, en vélo, avec des climats changeant : un projet pertinent ?

mars 26, 2014 dans Nos réflexions générales par Agrovélocités

Sur les échelles d’études, la pertinence du projet

Où il est question de nos premiers ressentiments suite à la traversée d’une partie de l’Espagne et du Portugal. Quelques remises en causes de notre méthodologie, quelques pistes de réflexion qui nous accompagneront par la suite.

1° Pour comparer les agriculture urbaines des différents pays, ne doit-t-on pas commencer par comparer les différentes aspirations au jardinage dans chacun des pays ?

La différence de paysages autour des villes entre la France et l’Espagne nous a semblé assez flagrante, on pourrait alors conclure de manière trop rapide que l’agriculture urbaine est plus importante en Espagne qu’en France. Toutefois, il faut aussi souligner le fait qu’entre ces pays, on remarque aussi la même tendance en milieu rural. Et encore, ceci est à nuancer pour d’autres raisons, que l’on explique ci dessous.

2° Le pays, une échelle inadaptée ?

A travers l’Espagne nous avons vu de grandes disparités entre les régions et entre les villes que nous avons traversé. Il semble que l’échelle de la région soit plus pertinente pour la comparaison. A cette échelle, on peut alors se demander si plus que le contexte politico-socio-économique du pays si ce n’est pas ce contexte à l’échelle régionale (surtout en Espagne avec le système fédéral) qui a de l’influence, voire si ce n’est pas le contexte pédo-climatique -climat et sol- (très important en agriculture !) qui explique la différence entre les régions.

Dans des agricultures en partie déconnectées du contexte pédo-climatique grâce à l’irrigation et à l’utilisation de substrats ‘reconstitués’ on peut pourtant penser que le contexte socio-économique joue un rôle important dans le développement de l’agriculture urbaine dans une ville.

3° Un conditionnement lié à nos origines qui peut induire des problèmes d’approche, des urbanismes différents ?

Notre façon de voir la ville et la campagne, de par notre pays d’origine peut parfois provoquer des questionnements et induire notre réflexion sur les paysages traversés. En effet, en Espagne nous avons pu voir des immeubles (un, deux ou trois groupés) séparés d’une entité urbaine ou très clairsemés, au milieux de champs ou entourés de jardins. La population ne semblait pas atteindre les seuils qui statistiquement définissent l’existence ou non d’une ville et pourtant nous pouvions avoir l’impression d’observer de l’agriculture urbaine.

4° De la difficulté d’interpréter certains propos dans une langue étrangère.

Juste un petit rappel d’une difficulté qui jusqu’à présent n’a pas trop handicapé nos enquêtes mais qui pourrait dans la suite du voyage induire une difficulté d’accès à un type d’acteurs (exclusion des personnes ne parlant pas anglais lorsqu’il n’y a pas de traducteur avec nous).

5° Une méthodologie itérative, faire évoluer les questions posées au fil des rencontres; comment faire pour tirer parti des premiers résultats tout en ayant une rigueur scientifique ?

Un des avantages et une des difficultés de notre voyage est l’enchaînement des rencontres et des idées variées. Ce qui provoque des réflexions et des nouvelles idées qui nous amènent à modifier la manière dont nous questionnons les gens par la suite, qui nous donne envie de poser les questions d’une autre manière, de cibler d’autres sujets, etc.. Voici un exemple : de nombreuses personnes nous ont répondu qu’elles pratiquent l’agriculture urbaine pour le plaisir, pour passer le temps, il apparaît donc judicieux de leur poser la question « et pourquoi ne pas le faire avec des plantes ornementales ? » Ces modifications de notre méthodologie au cours du temps peuvent nous amener à penser que notre voyage, en plus des informations récoltées, va jouer un rôle de questionnement, de proposition de pistes à explorer.

6° Quelles influences de la forme d’agriculture sur sa visibilité et sur sa facilité d’approche dans un contexte d’itinérance ?

Après deux mois de voyage, il nous semble que si l’agriculture péri-urbaine est plus facile à voir et à étudier par l’approche paysagère que l’agriculture intra-urbaine, récolter des informations à son sujet est plus difficile. Dans notre échelle de temps du voyage, retrouver le propriétaire d’une parcelle puis le rencontrer est trop long. Il nous faut donc revoir nos ambitions dans notre volonté d’accorder autant d’importance aux différentes agricultures urbaines.

7° Avantages et inconvénients de l’itinérance à vélo.

Le voyage à vélo présente des avantages incontestables dans le cadre de notre projet, il nous permet d’être le plus souvent accueillis favorablement par les jardiniers et nous l’avons vu dans de nombreuses villes, l’agriculture urbaine et la pratique du vélo sont liées. Le vélo nous permet de pouvoir nous arrêter quand nous le désirons, sans avoir à nous soucier de la place pour se garer. Il nous permet aussi d’être attentif aux changements de paysage, aux frontières entre la ville et la campagne et nous rend très sensible à la présence de grosses infrastructures, de longues zones industrielles ou commerciales. Toutefois, de part sa pratique, le vélo nous empêche de voir certaines formes d’agriculture urbaine. De plus, dans certaines conditions le vélo ne favorise pas notre arrêt. En effet, les jours de pluie, en bas d’une pente et avant une montée ou en pleine montée, nous avons parfois du mal à faire abstraction du lien moral à la pratique du vélo pour nous arrêter. Toutefois, il nous semble que le vélo présente plus d’avantages que d’inconvénients dans la réalisation de notre projet.

Nos réflexions sur l’agriculture urbaine en mars 2014: pour un développement du territoire intégré ?

mars 26, 2014 dans Nos réflexions générales par Agrovélocités


Près de Bilbao, débroussailleuses

Utiliser de l’énergie en détruisant des producteurs d’énergie, relargué du CO2 en détruisant des stockeurs de CO2, quelle cohérence avec les enjeux actuels ?

Agriculture urbaine, péri-urbaine et aménagement du territoire.

S’intéresser à l’espace agricole, à l’urbanisme, aux infrastructures et à leur impact sur leur environnement, tout en ayant la volonté de développer l’agriculture dans ces endroits amène à se poser des questions plus larges sur l’aménagement du territoire. En effet, lorsque l’on repère un endroit en friche, un délaissé lié à une infrastructure routière, ferrée ou industrielle ou bien un espace vert plus ou moins entretenu, se pose alors la question de la conversion potentielle de cet espace en agriculture ou pour une autre utilisation. Si l’agriculture urbaine, productrice d’aliments peut être une solution pertinente pour certains espaces, il semble que pour d’autres de l’élevage, de la foresterie ou de l’agriculture pour la production d’énergie ou pour de l’épuration semblerait plus pertinent… Quelques questions qui se posent dans cette thématique.

1° Pourquoi certains espaces sont entretenus à de forts coûts énergétiques alors qu’ils pourraient devenir producteurs d’énergie, exportateurs ? Que faire pour limiter le coût énergétique de l’entretien des espaces lorsque ceci est obligatoire ?

Il nous semble aberrant de constater que de nombreux espaces aux alentours des villes subissent un entretien très énergivore du à la consommation des nombreuses débroussailleuses, faucheuses d’accotement, tronçonneuses, taille-haies et au gaspillage lié aux feux de branches issus de la taille des arbres en ville. On pourrait s’attendre à ce que dans les espaces où l’agriculture ne peut venir s’introduire pour des raisons de sécurité (parcelle d’échangeur routier par exemple) ou sanitaire (trop forte proximité d’un trafic routier dense) que des cultures à productions énergétiques viennent s’implanter (Taillis à courte rotation, cultures à croissances rapides type Miscanthus, culture d’arbres pour le bois de chauffage ), ou pour réaliser des transferts de fertilité (mise en place de trognes ou d’arbres recépées régulièrement pour produire du Bois Raméal Fragmenté ou culture de légumineuses fauchées pour fertiliser des parcelles en maraichage par exemple),ou pour réaliser des fonctions d’épuration (traitement des eaux usées, des eaux pluviales issues de la voirie). Lorsque la contrainte de l’entretien de l’espace est trop forte (besoin de visibilité dans les carrefours, risque de chute de branche, problème par rapport à la neige..) il peut être bon de trouver des solutions peu coûteuses en énergie, de valoriser les productions (pâturage, utilisation des déchets pour la méthanisation ou la combustion).

2° Comment expliquer l’omniprésence de l’herbe et quelles sont ses fonctions en ville, à quel point peut elle être remplacée ?

En observant la ville, on remarque rapidement que de nombreuses surfaces non bétonnées (car tout de même artificialisées) sont occupées par un gazon très bien entretenu. On peut donc supposer que celui-ci joue un rôle important dans le paysage urbain. Quelques suppositions : la couleur verte maintenue en permanence a une bonne symbolique ‘nature’, cela permet aussi de maintenir un espace ouvert, ouvre de multiples possibilités d’utilisation. Cette ouverture servirait même d’espace de transition aux personnes revenant du travail, une frontière à traverser qui séparerait le monde du travail et la vie personnelle et/ou familiale.

3° Comment planifier l’occupation de l’espace à l’échelle d’une agglomération pour l’optimiser ? Doit on mettre en place des filières territoriales pour les aspects énergétiques ?

Afin de créer des solutions cohérentes et adaptées au territoire, il faut que les cultures mises en place sur les espaces trouvent des débouchés, que des filières se mettent en place, que les techniques et les réglementations s’adaptent..

4° La réinvention de l’entretien de l’espace et des rapports entre les personnes, comment faire pour organiser un entretien par pâturage ou une gestion forestière sur un ensemble d’une multitude de petites parcelles éparpillées ?

Il est très difficile d’imaginer que chacun possède deux ou trois moutons pour entretenir des aires enherbées ou que chacun coupe du bois dans un délaissé pour faire son bois de chauffage… Toutefois, des structures entrepreneuriales ou institutionnelles peuvent se mettre en place ou vendre ou offrir se service.

5° Dans des espaces en constante évolution, avec des dynamiques assez rapides d’urbanisation comment faire pour faciliter des aménagements transitoire ?

L’objectif n’étant pas de figer l’urbanisation, il faut chercher des solutions (réglementaires ou informelles …?) pour permettre par exemple l’occupation temporaire d’une friche avant construction. Cela pose des questions par rapport au régime d’occupation des sols, à la propriété mais aussi en terme d’investissement de la part des jardiniers ou de l’agriculteur qui peuvent avoir du mal à s’investir dans la fertilité d’un sol tout en connaissant l’issue de celui-ci.

débroussailleuses

 

Un bel avenir pour les débroussailleuses comestibles ? quels enjeux sanitaires pour des animaux consommant des zones polluées ? quelles structures professionnelles, foncières, institutionnelles pour favoriser ces pratiques ?

Nos réflexions sur l’agriculture urbaine en mars 2014 : L’esthétique de l’agriculture urbaine

mars 26, 2014 dans Nos réflexions générales par Agrovélocités

5.1. L’esthétique de l’agriculture urbaine, controverse autour d’une fonction.

L’un des arguments avancés pour la création d’espaces d’agriculture urbaine est l’embellissement de la ville, la réintroduction de la nature dans le paysage urbain. Toutefois, des questions se posent en termes de réalisation des projets d’agriculture urbaine et de résultats esthétiques, ainsi que de la définition de cette notion.

Les jardins autogérés de Madrid sont un exemple de la conciliation sur un même espace d’une visée créatrice et artistique et d’une production de légumes. Les tags sont nombreux mais relèvent d’une dimension plus « dessin et réflexion » que graffiti représentant un mot, un nom. La création prend souvent pour base des objets issus du recyclage, de la récupération, permettant aussi d’exprimer une autre dimension de ces endroits, souhaitant sensibiliser à la réutilisation. C’est ainsi que les meubles, gradins et autres constructions à base de palettes sont présents dans la plupart des jardins urbains de Madrid. Avec en général un fouillis d’objets organisés et disposés de manière esthétique, ces jardins semblent répondre à des valeurs de l’esthétique ‘underground’, à un esthétique alternatif mais finalement codifié.

périphériedujardinStJacques

Aux abords d’un jardin familial à Santiago, des objets plastiques accumulés, provenant en majeure partie du jardin (godets de semis, sacs de terreaux vides, outils…), un paysage esthétique ?

2° a) Mais comment juger de l’esthétique d’un jardin ? b) Les espaces d’agriculture urbaine doivent ils répondre à des codes de propreté, de rigueur de la même manière que la ville qui les entoure ? Comment juger si un jardin va dans le sens de la volonté de remettre de la nature en ville ? c) Que favoriser entre l’appropriation du lieu par les participants et le besoin de rigueur pour que l’espace soit approprié et réponde aux attentes des gens vivant autour ?

2)a) Il est très difficile de juger de l’esthétique d’un espace, les codes étant différents selon les personnes, les attentes..

2)b) Cela pose des questions sur ce que l’on appelle la nature en ville, est-ce une pelouse bien verte et tondue à ras, entourée d’espèces ornementales annuelles disposées en lignes ou accepte-on des espaces où se mêlent de la végétation spontanée, de la terre retournée (les espaces d’agriculture ne pouvant être verts de manière permanente). Doit on alors imposer des directions dans les espaces d’agriculture urbaine pour éviter par exemple la profusion de structures en plastique, en bois en métal, qui peuvent rapidement produire la sensation d’être dans un lieu « insalubre ». A l’inverse, en codifiant l’agriculture urbaine, ne risque-t-on pas d’aller toujours dans le sens d’un nettoyage des centres villes, d’une gentrification de ceux ci, de la même manière que l’on assiste en campagne à un ’embellissement’ des sièges d’exploitation agricole, notamment celles s’insérant dans des dimensions touristiques.

2)c) En souhaitant répondre aux attentes d’un public qui veut des jardins ‘propres’, on risque de limiter l’appropriation des espaces par les participants.

3°) Cette question sur l’esthétique et la valeur paysagère des espaces d’agriculture urbaine semble poser des questions sociales et artistiques intéressantes, auxquelles certains jardiniers trouvent des réponses en mettant en place dans leur jardin des objets purement décoratifs ou en alliant réalisations pratiques et aspect esthétique (ex des petites bordures en cailloux, des moulins à vent de toutes les couleurs, association de plantes productives et de plantes ornementales,…).

 

JardinStJacques

Au milieu de parcelles cultivées, des orties avec du plastique, qu’en pensent les habitants de la ville, les jardiniers des parcelles à côté ?

GraffitiMadrilène

Un mélange jardino-artistique, assez courant à Madrid. Qu’en pensent les gens réfractaires aux graffitis ? Déjà une réponse aux mécontents en faisant des graffitis assez « conventionnels » ?

EsthétiqueUndergroundCodifié

 

Le jardin de Cebada à Madrid, quand l’art urbain attire : de très nombreuses personnes y viennent, notamment les touristes.

Les ceintures vertes, d’hier à … deux mains.

décembre 8, 2013 dans Nos réflexions générales par Agrovélocités

recomposition-rapports-ville-campagne-ile-de-france-zone-maraichere-cergy1

En photo, une exploitation agricole de la ceinture maraîchère de Paris, à Cergy. L’agriculture périurbaine entre atouts ( marché à proximité ) et handicaps (cf, les tags sur les serres).

Les ceintures vertes qui sont le plus souvent des zones maraîchères péri-urbaines ont eu un rôle important dans l’approvisionnement des villes pendant bien longtemps, avant que ne s’opère le développement des moyens de transport comme le train et la spécialisation des territoires.

Avec les circuits courts ces ceintures vertes reviennent sur le devant de la scène… Et cela peut permettre de créer de l’emploi, de proximité et non délocalisable…le maraîchage créant souvent du travail pour plusieurs personnes, pour plus de deux mains !

Alors faisons un tour d’horizon de ces ceintures maraîchères…

Il est intéressant de constater qu’actuellement encore, les exploitations agricoles à proximité des villes sont plus petites mais sont plus intensives en travail.

Certaines initiatives sont pour le retour d’une ceinture maraîchère autour de Paris afin de limiter la dépendance alimentaire. La capitale ne tiendrait que quelques jours en autonomie alimentaire en cas de souci s’approvisionnement. Les colibris, mettant en avant une coopération pour le changement des territoires au niveau agricole, proposent des pistes de réflexion et évoquent des exemples concrets comme Toulouse et à Rodez. Ces villes parlent de leurs initiatives dans la presse, mettant en cause la pression foncière. « On se doit de faire bouger les choses. Les municipalités ont la capacité de faire préemption pour la construction d’hypermarché mais elles ont aussi le choix de laisser ces terres en cultures «  selon Laurent Rémès, le président de l’APABA, (association pour la promotion de l’agriculture biologique) près de Rodez, allant dans le même sens que l’adjointe au maire Marie-Claude Carlin qui « veut récréer une ceinture maraîchère autour du Piton ruthénois ».

Plus concrètement, une réflexion autour d’une ceinture verte pas forcément maraîchère autour de la capitale est d’actualité. Celle-ci utilise le tracé de la petite ceinture dans l’idée de favoriser le développement d’activité sportive et d’augmenter le lien à la nature des parisiens.

La question des ceinture maraîchères concerne aussi les pays en voie de développement comme l’explique un article du journal de brazza, (dont nous ne cautionnons pas certaines expressions) mais qui rappelle que des maraîchers de Brazzaville voient leur terrains agricoles sous l’action de migrants qui y implantent des habitations de fortune.

 

Taxe sur le foncier non bâti : la fin de l’agriculture urbaine et péri-urbaine ?

octobre 23, 2013 dans Nos réflexions générales par Agrovélocités

Plus qu’ailleurs, les questions foncières en milieu urbain et péri-urbain font couler beaucoup d’encre et suscitent de nombreux débats entre les différents acteurs locaux notamment les urbanistes, le milieu agricole et les élus.

Une nouvelle loi est en projet pour augmenter considérablement les taxes du foncier non bâti de nombreuses villes françaises. La raison d’une telle majoration ? Lutter contre la spéculation foncière. En effet cette forte spéculation est liée à une augmentation continue des prix du foncier constructible dans ces espaces urbains et péri-urbains depuis de nombreuses années. La stratégie de beaucoup de propriétaires consiste à attendre que les prix grimpent un peu plus pour pouvoir vendre toujours plus cher. Pendant ce temps ces terrains ne sont pas valorisés alors que les mairies sont soumises à des objectifs toujours croissants notamment pour la construction de logements. Les taxes foncières sont actuellement faibles pour les terrains non bâtis. L’idée est d‘augmenter ces taxes de manière importante (25% d’augmentation + 5 euros du m² puis 10 euros du m² en 2016) pour pousser les propriétaires à céder leur terrains pour libérer du foncier constructible mobilisable pour la construction d’habitations.

L’agriculture dans tous ça ? Beaucoup d’agriculteurs font la grimace à l’annonce d’une telle mesure.  Il suffit d’ouvrir les journaux pour s’en rendre compte, en exemple un article du Nice Matin. En effet parmi les propriétaires touchés par cette mesure il y a les exploitants agricoles. Cependant cette mesure ne touche qu’une partie des agriculteurs travaillant dans les villes concernées. Cette taxe s’applique uniquement pour le foncier non bâti constructible et non pas sur le foncier non bâti agricole. C’est là que ça se gâte … Les agriculteurs qui travaillent sur des terrains constructibles, soumis à cette nouvelle taxe, seront  redevables d’un montant très important mettant en péril la viabilité de leurs exploitations. Ces exploitants seront obligés d’arrêter leurs activités et de vendre leurs terrains, ne pouvant pas supporter de telles taxes. Voilà d’où vient la grogne des agriculteurs en milieu urbain et péri-urbain. Cette mesure porte atteinte à la conservation d’espaces agricoles en ville qui sont autant d’espaces qui ne participeront pas à l’approvisionnement alimentaire futur de nos villes.

Il faut cependant nuancer ces propos : il serait intéressant de proposer aux agriculteurs soumis à cette taxe de reclasser leurs terrains en non bâti agricole. Il faut savoir que le prix de vente entre un terrain agricole et un terrain constructible peut varier de 1 à 100 euros le m², et bien plus dans certaines régions très attractives. Il est fort à parier que ces agriculteurs ne souhaiteront pas perdre un potentiel économique qui peut s’apparenter à un véritable pactole ! Le classement de terrains en zone constructible ou agricole dépend de la municipalité qui organise la vocation du foncier de sa commune en fonction de son projet de territoire et des différentes contraintes en présence. Ainsi l’agriculture urbaine et péri-urbaine a besoin d’actes politiques forts qui consistent à conserver durablement les espaces classés agricoles sur les documents d’urbanismes tels que le Plan Local d’Urbanisme (PLU).

Les agriculteurs touchés par cette mesure ont ils la possibilité de faire reclasser leurs terrains en agricole pour pouvoir continuer leurs activités ? Auront ils seulement la volonté de le faire au vu de ce que représente la vente d’un terrain constructible ? Toujours est il qu’il peut sembler dommage d’utiliser des méthodes punitives (ici fiscales) pour débloquer de telles situations. N’y aurait il pas un travail à faire de sensibilisation des citoyens sur la nécessité de conserver le potentiel agricole de nos villes futures ? N’est il pas possible de promouvoir la valeur de ces espaces autrement que par des estimations économiques court-termiste ? Le débat est lancé !

photo site peri urbain

Quelques moutons broutent paisiblement aux abords de la ville

Les grandes villes de France sont concernées … On attend vos photos !

octobre 3, 2013 dans Nos réflexions générales par Agrovélocités

Nous allons observer l’agriculture urbaine sur nos vélos à travers l’Europe, mais cette agriculture est de plus en plus présente en France, alors on vous fait partager quelques articles trouvés sur la toile pour vous inspirer et surtout… on attend vos photographies !

Toutes les photographies reçues seront publiées sur notre site web et les meilleures d’entre elles rejoindront nos documents (avec votre accord !) !

Allez, faisons le Tour de France ensemble… de l’agriculture urbaine.

Départ à Brest, en passant par Lorient (un arrêt dans la campagne où Simon est en stage) puis Nantes et sa périphérie. On quitte la Bretagne pour descendre vers Bordeaux et sa communauté urbaine, on passe par Toulouse (où des chercheurs s’intéressent à l’agriculture urbaine)  pour rejoindre Narbonne et son projet de ceinture verte (où l’agriculture périurbaine temporaire s’installe) et Montpellier, notre ville d’étudiant. On repart après un petit arrêt pour rejoindre Marseille, Capitale 2013 de l’agri’Culture (comparée à Gênes et Barcelone), Nice et son arrière pays (où stationne Yoann), MentonGrenoble, Lyon et son grand lyon et un arrêt à Clermont Ferrand où se trouve Etienne en ce moment. On repart vers l’Est, Dijon et une association engagée qui occupe la zone des lentillères, Besançon, Nancy, puis Reims pour rejoindre le grand Nord, Lille et ses rues. On redescend en passant par Amiens et c’est l’arrivée sur les Champs Elysées, d’hier à aujourd’hui, à Paris, île de France.

 

On espère ne pas vous avoir perdu sur un toit ou un balcon, au milieu de tomates ou de carottes et on attend le récit de votre étape. Vous aurez pu constater la diversité des créations, des idées, des innovations et l’ampleur des débats dans lesquels s’insère l’agriculture urbaine.

Et pour continuer le tour de France des jardins partagés !

 

 

 

L’agriculture urbaine au cœur de l’actualité… scientifique !

octobre 1, 2013 dans Nos réflexions générales par Agrovélocités

Nous avions évoqué en avril la présence de l’agriculture urbaine dans différents médias. Nous vous présentons maintenant les quelques projets scientifiques qui font parler de l’agriculture urbaine en France et en Europe. Présents sur le devant de la scène sur le site de l’Institut National de la Recherche Agronomique et relayés dans différents journaux grands publics, voici leurs idées principales.

Ces différents projets sont répartis aux 4 coins de la France :

Dans la capitale, ce sont les toits qui prennent des allures de potagers, si tous les immeubles Hausmanniens ne seront pas couverts dès demain, on peut espérer que les études qui ont lieu sur le potentiel agricole des toits plats ne sont que les prémices d’un mouvement d’ampleur. Cette agriculture sur les toits (projet T4P, Toits Parisiens Productifs) s’intègre dans un programme de recherche mené notamment par l’unité de recherche SADAPT, où plusieurs personnes travaillent sur l’agriculture urbaine, de Madagascar et notamment sur sa diversité à Paris.

L’agriculture urbaine c’est aussi les jardins partagés et les jardins associatifs. Ceux-ci sont étudiés par le projet JASSUR (Jadins associatifs urbains, pratiques, fonctions et risques dans les villes durables).

Enfin, la question se pose sur l’utilisation des terres péri-urbaines, avec une question … sous les pavés, la terre ?

 

 

Agriculture urbaine : le début de la discorde ?

août 20, 2013 dans Nos réflexions générales par Agrovélocités

Voici un article qui pourrait passer inaperçu dans la presse (quoique.. !) mais qui révèle en fait les enjeux cachés de l’agriculture urbaine. Derrière ce conflit local sur l’implantation d’un jardin sur le toit d’un garage ce sont les conflits d’usage liés à la présence de l’agriculture dans ou à côté des villes qui re-surgissent.

Ceux-ci sont traditionnellement portés sur le foncier dans la ceinture péri-urbaine, (nous l’évoquerons dans un prochain article) mais on peut très bien envisager des conflits liés à l’eau, aux odeurs des élevages trop près des villes, à une utilisation de pesticides ou même vis à vis des vergers urbains dont les fruits pourrissants attirent les insectes.

Voici donc l’article sur la destruction d’un potager urbain à Marseille.

Le potager urbain marseillais dévasté - MarsActu/Esther Griffe

Le potager urbain marseillais dévasté – MarsActu/Esther Griffe

Merci Fanny pour cet article.

Si vous apercevez d’autres nouvelles sur ce thème, n’hésitez pas à nous en faire part !

Régie municipale agricole

mai 14, 2013 dans Nos réflexions générales par Agrovélocités

Voilà une forme d’agriculture urbaine qui sert directement les cantines de la municipalité de Mouans-Sartoux.  Pour ce faire, la ville a acquis un domaine agricole de 4 ha et a installé un agriculteur communal sous le label « Agriculture Biologique ». Les cantines bénéficient de produits frais et de proximité  qui sont préparés directement dans les cuisines des écoles.

Cet exemple soulève le problème de l’accès à la terre pour les agriculteurs. Ce problème est amplifié dans un contexte urbain. En effet les terrains constructibles sont beaucoup plus rentables à la vente par rapport à des terrains agricoles. C’est pourquoi de nombreux espaces disponibles pour l’agriculture ne sont pas utilisés en ville et aux abords des villes, victimes de la spéculation foncière.

Les mairies peuvent racheter ces terres ou éviter de les classer en zone constructible pour favoriser l’installation d’agriculteur travaillant pour l’approvisionnement de la ville.

Surement existe t-il d’autres exemples similaires en France ou en Europe … nous le verrons dans quelques temps !!

Translate »