Conférence au PNR des Préalpes d’Azur

Le Conseil de Développement du Parc Naturel Régional des Préalpes d’Azur (Cdd du PNR) nous a invité à restituer notre travail sur l’agriculture urbaine lors de deux conférences, l’une le 4 décembre 2014 à Bar-sur-loup, l’autre le 19 février 2015 à Carros, deux communes de la frange sud du PNR. Yoann a réalisé sont premier stage de césure dans cette structure pour travailler sur les stratégies des propriétaires fonciers faces aux enjeux de développement de ce territoire rural avec une frange sud qui tend à s’urbaniser de plus en plus. Nos travaux au sujet de l’agriculture urbaine a intéressé les anciens maîtres de stage de Yoann, René PERIER et Pierre FABRE (co-présidents du Cdd) pour apporter des éléments de réflexions aux élus et à la société civile de ce territoire qui fait face à des questions de conservation des espaces agricoles menacés par l’urbanisation.

Affiche Agrovélocités CDD PNR Bar sur Loup

Un  public varié c’est déplacé pour assister aux événements et notamment des élus locaux et des agglomérations voisines, des représentants de la Chambre d’Agriculture et du PNR, des maraîchers, des membres d‘associations de différents jardins communautaires mais également un public de personnes non initiées curieuses de découvrir cette forme d’agriculture présente en Europe.

Nous remercions les membres su Cdd pour l’organisation de ces événements qui se sont clôturés par un buffet de produits venant exclusivement du PNR prouvant ainsi que l’approvisionnement local en produits alimentaires n’est pas un vain mot ! Merci particulièrement à Renaud DUMAS, chargé de mission au Cdd pour la préparation logistique de l’événement et la réalisation des affiches.

Contacts : http://www.cddpnr06.org/                 cdd.pnr06@gmail.com

FAQ:

Qu’en est-il de la rentabilité économique de ce type d’exploitation que vous avez vu ? Avez vous rencontrés de réelles exploitations économiques ? Le coût du foncier est une problématique ici, qu’en est-il ailleurs ?

Exemple du maraicher en hollande à 2200€ en périurbain avec très peu de surface. De nouveaux débouchés sont possibles, de nouvelles valorisations, etc. sont possibles et il faut aller plutôt par là. Il faut sortir des modèles dont on a l’habitude. L’agriculture urbaine est un vrai laboratoire pour l’agriculture de demain.

Difficulté à ranger l’agriculture urbaine dans une case. Aujourd’hui, pas adapté à rentrer dans les cases de l’agriculture conventionnelle. La plupart sont aujourd’hui subventionnés.

A Bruxelles, un projet était financé par la collectivité, donc pas rentable et a crée sa propre coopérative mais en essayant de produire plus (vert d’Iris), qui prend part à la construction de la ceinture maraîchère, pour devenir autonome financièrement.

Exemple de Berlin, ferme en aquaponie : technologique = forme possible d’une agriculture possible en ville et rentable. Ont un rôle dans le système alimentaire de Berlin.

Période de transition, notamment sur les autres rôles de l’agriculture : social, éducation, etc.

Foncier : avec une politique volontariste de la part des collectivités et acteurs publics, notamment dans les PLU, le prix du foncier baisse.

Les projets s’inscrivent ils plus largement dans une dynamique de Bottom up ou top down ?

Un beau mixe des deux. Les acteurs publics peuvent répondre à ces questions. Le mieux est que ça vienne du bas et que ça soit aidé et accompagné par les élus et le haut.

Quelles sont les conditions pour qu’un projet dure ?

La plupart ont 2 ans maximum. Exemple de Madrid, où des associations se sont crées pour faire coalition avec les autres et ont maintenant du poids : cela devrait durer. Souvent, association sont basées sur un noyau dur, comme en France, car certains ne peuvent tout simplement pas le faire. Ceux qui ont pleins d’envie se retrouvent parfois confronté à la réalité des choses, au temps que cela prend, aux contraintes, etc. Cela permet notamment d’éduquer, pour que les gens se rendent compte de la réalité des choses. La pérennité des jardins urbains est également dans les changements, n’est-ce pas la notion même de ville ?

Avez vous vu des expériences dans le coin ?

Il existe des jardins partagés à Nice qu’ils faut aller rencontrer ! Nous avons fait escale à La Garde (proche de Toulon) où nous avons trouvé des jardins familiaux attribués sur critères sociaux. Nous y avons rencontrés des jardiniers pratiquant des techniques très différentes ; de l’ancien ouvrier agricole à la mère de famille n’aillant jamais entretenu de potager. Des interactions sociales très intéressantes à étudier.

Y-a-t il des “trous” dans le parcours, des zones où vous n’avez rien vu ?

Oui, dans certains pays, on en a moins trouvé par rapport à des grandes villes comme Madrid, Berlin, etc. Dans les Balkans et Pays de l’Est un peu moins.En Albanie par ex, le tissu urbain est lâche et beaucoup de jardins particuliers sont cultivés mais plus difficile à rencontrer. Mais il n’y en a pas forcément moins, loin de là …

– Qui sont les constituants de la coop de Bruxelle ? Y-a-t il des financement public pour des projets d’agriculture péri-urbaine ?

Exemple à Bologne : ils paient à l’échelle d’un territoire des gens pour gérer les problèmes d’eau, d’inondations, etc. Aux Pays-Bas, par exemple, sont financés les agriculteurs qui accueillent des

personnes en difficultés.

Est-ce que l’on a là des éclaireurs, qui vont obliger les pouvoirs publics à imposer des règles pour réserver des espaces à ces lieux de rencontre, de sentiment d’appartenance, de lien

social, etc. ?

Exemple à Madrid du réseau de jardins urbain, qui se sont créés de façon illégal et de fil en aiguille, ont discuté avec la Mairie, en groupe au sein du réseau pour présenter tout ce qui avait été fait, pour pérenniser la chose. A Paris, plus un architecte ou un urbanisme qui ne se passe d’agriculture urbaine dans ses plans,e tc. Cette prise en compte est d’autant plus motivée si les pouvoirs publics s’en empare. Quel étalement urbain pour les villes ? En hauteur ou en horizontal ?

Eclaireurs : Le bail rural environnemental, mis en place pour des zones spécifiques à la base, mais dans la nouvelle loi de modernisation agricole, des structures privées ou particuliers peuvent mettre en place ce bail : pourquoi pas imaginer ça dans la mise à disposition de terres en milieu urbain ?

Quelles maîtrises foncières ?

Un peu tout.

 

Y a t’il des projets avec des bêtes, de l’élevage ? est ce uniquement du maraîchage ou de l’élevage apicole ?

Elevage de chèvre en zone périurbaine, mais problème de mouches. Pas forcément d’exemple durant le voyage. A Berlin, 40 élevages urbains, avec 3-4 cochons, un ane, etc. et ont notamment une visée très éducative.

Remarque : Vis-à-vis de l’étude sur la CASA (Communauté d’Agglomération Sophia Antipolis) : jardins, notamment oliveraies : un agriculteur avait fait la remarque que c’était plus du jardinage…

Concurrence entre ceux qui se sentent vrais agriculteurs et les autres ? Dans certains cas, notamment épiciers ont perdu leur clientèle, mais pas réellement, à Salamanque. Même lieu, un agriculteur en frange de la ville, qui se décrivait comme un défenseur de cet espace. Parfois, des feux de déchets et il servait de tampon entre de plus grandes parcelles et le feux. A Utrecht, certaines fermes urbaines ont été subventionnées par la ville et sont considérées comme de la concurrence déloyale. Ce sont souvent les plus gros qui sont subventionnés.

2 mots : confiance et économie : Plus envie d’aller dans les supermarchés, et pas les moyens de certaines organisations bio (biocoop, satoriz, amap, etc.) D’où peu être une alternative où on associe les 2. Par exemple, quand on ramasse soi même (AMAP self-picking), est-ce que l’accessibilité au produit est moins chère ?

Oui, Par exemple de la Louve à Paris. Aujourd’hui, on ne se rend pas compte (1€ les pâtes bio, et 30 cts l’autre) : en réalité, si on considère l’impact sur la société, sur la sécu, sur les pesticides, sur etc. Et donc il vaut mieux payer à sa juste valeur. Exemple des jardins du cœur : on met à disposition des terrains à ce gens là.

Sur les rotations, fertilisation, etc.. quelles connaissances des jardiniers ?

Utilisation des associations de plantes, on a pas besoin de faire des rotations comme dans l’agriculture conventionnelles. Il y a quand même un encadrement, par le noyau dur, pour avoir un cadre, pour avoir des règles communes, pour maintenir la qualité des sols et la durabilité des sols. Formations aux urbains, cela reste une science, un métier. Les agriculteurs peuvent donner des cours aux urbains, ce qui peut donc créer de l’emploi supplémentaire pour des agriculteurs. Solutions de fertilisants avec du fumier par la police montée. Ou dépollution des sols via des protocoles innovants ? Les citoyens doivent être force de proposition et sources de solutions..

La plupart font finalement de l’intensif. de la permaculture notamment. Des premiers résultats sur ça de l’INRA et Agroparistech et sur 1ha, 2-3 emplois viables à 1500€/mois. Nos modèles sont aujourd’hui à repenser et d’autres modèles émergent, sont à développer.

 

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