L’agriculture urbaine : des innovations issues de l’entreprenariat privé

avril 14, 2014 dans Lien social

C’est en Espagne que nous avons rencontré pour la première fois des entrepreneurs privés dans le domaine de la création de jardins familiaux dans ou à proximité des villes. Deux cas sont présentés simultanément dans cet article et semblent partager un certain nombre de points communs.  La première entreprise rencontrée a créée plusieurs jardins à la périphérie de Bilbao. La seconde entreprise se trouve dans un parc municipal à la sortie de Saragosse, portée par un trio d’entrepreneur. Ils ont créé cette entreprise en réponse à un appel d’offre de la mairie pour l’installation de jardins familiaux.

Nous sommes habitués à voir ces jardins mis en place par les mairies où les collectivités, et non par des entrepreneurs privés. Et pour cause, le premier d’entre eux nous fait remarquer que son initiative semble être la première du genre en Espagne. Les entrepreneurs présentés ici sont des citadins issus de parcours différents. L’entrepreneur de Bilbao est un ancien avocat peu satisfait de son métier. Il s’est reconverti il y a 4 ans pour créer son entreprise « Huertas ludicas ». Du coté de Saragosse, les 3 entrepreneurs sont issus de formations différentes : une chimiste, un architecte et un paysagiste. Ils se sont rencontrés à l’occasion de l’exposition internationale de Saragosse en 2008 et ont décidé de répondre ensemble à l’appel d’offre lancé par la commune. La convergence de leur idée a permis la création de l’entreprise « Hortals ».

« Le jardin a un rôle à jouer pour résoudre les problèmes de la ville. »                          

Les objectifs des jardins urbains développés par les entrepreneurs

L’objectif premier développé dans les deux cas est de proposer à une clientèle urbaine des parcelles à cultiver. Le premier entrepreneur exprime l’idée de « faire le lien avec le milieu rural » pour les citadins en manque de contact avec la terre.  D’autres objectifs sont avancés : améliorer le paysage urbain et le rendre utile et productif, créer des espaces de formation pour l’entretien d’un potager, participer à une urbanisation plus verte, sans oublier l’aspect social du jardin qui peut devenir une ressource importante en temps de crise. Le respect de l’environnement fait partie intégrante de ces projets où l’agriculture biologique est la règle. Ces entrepreneurs souhaitent voir l’alimentation locale de qualité accessible au plus grand nombre et non pas aux plus aisés : « les produits qui viennent du jardin ont une autre valeur que ceux qui viennent du supermarché ». Ainsi les deux entreprises obligent les jardiniers à cultiver selon le cahier des charges de l’agriculture biologique : sans produits chimiques ni engrais de synthèses.

Le public visé

Le public visé par ces jardins est toutes les personnes qui cherchent à renouer un contact avec la terre. Dans les deux situations les jardiniers semble être majoritairement des citadins ne possédant pas de jardins. De classes sociales différentes, on y retrouve autant d’hommes que de femmes, de tous les âges et de différentes nationalités, qui viennent parfois avec leurs enfants. L’entrepreneur de Bilbao a aménagé ses différents sites selon le public visé. Le premier site est proche d’une bretelle d’autoroute permettant aux jardiniers d’y venir régulièrement pour de courtes durées. Les autres sites sont plus éloignés et au calme pour des personnes qui souhaitent y passer la journée.

Différentes sources de foncier

Les parcelles mobilisées ont des origines différentes pour chacune des entreprises.  L’entrepreneur de Bilbao a acquis une partie des parcelles et loue une autre partie à des propriétaires privés. Le grand nombre de propriétaire ne lui permet pas d’acheter la totalité des parcelles car tous les propriétaires ne sont pas prêts à vendre. Il souhaite acheter des lots de parcelles cohérentes et éviter les petits lots dispersés. Dans le second cas, l’entreprise Hortals dispose de parcelles communales louées pour 29 ans à la municipalité. Situés au sein du  Parque del Agua à la sortie de la ville, la mairie souhaitait réaliser des jardins familiaux sur une parcelle. Mais pourquoi la mairie a-t-elle choisi une gestion de ces parcelles par une entreprise plutôt que par une association de jardiniers ?

Rentabilité de l’entreprise

Ces entreprises récentes sont encore en expansion et en période de rodage. A Bilbao, deux sites sont mis en place et un 3ème est en cours de réalisation. Du coté de Saragosse, un ensemble de jardins est aménagé et un second sera disponible prochainement. L’investissement initial est important (120 000 euros dans le cas de Bilbao) même si les deux projets ont reçu des aides de l’Etat et des régions respectives. A Saragosse la mairie loue à titre gracieux la parcelle à l’entreprise. Dans les deux cas, les fonds propres des entrepreneurs permettent de développer l’activité économique de l’entreprise dans l’attente de sa rentabilité. Ainsi les 3 membres d’Hortals de Saragosse ont une autre activité professionnelle en parallèle. Les 4 entrepreneurs souhaitent vivre de ces nouvelles activités même si ce n’est pas le cas actuellement : « Au début j’ai pas gagné beaucoup mais j’espère gagner plus ».

La mise en place et le fonctionnement des jardins 

L’organisation des jardins est comparable entre les deux entreprises. Dans le cas de Bilbao, les parcelles sont divisées en jardins de différentes tailles (une moyenne de 85 m²) pour répondre aux besoins des jardiniers alors qu’à Saragosse les jardins ont une taille fixe.

L’aménagement des micro-parcelles et l’organisation des services associés ne sont pas laissés au hasard. A Bilbao, les micro-parcelles sont délimitées par une simple corde tenue par des piquets de bois. Facilement démontable il est possible d’agrandir ou de réduire facilement la taille d’une micro-parcelle en déplaçant les piquets et la corde. De plus lorsqu’il est nécessaire de travailler le sol au tracteur, il est aisé d’enlever les cordes et de passer entre les piquets. L’organisation du jardin est soigneusement réfléchie pour rendre son utilisation pratique pour les jardiniers et pour l’entreprise lors des travaux quotidiens (tas de fumier, réseaux d’allées, disposition des composteurs et des points d’eau).

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                                            A Bilbao les jardins séparés par des cordes et des piquets en bois

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Schéma des jardins visités à Bilbao

Dans les deux cas, les loyers sont versés mensuellement en échange de la mise à disposition d’une parcelle et des services associés que sont l’eau, l’engrais organique (du fumier généralement), l’utilisation de matériel commun (matériel, sanitaires) et quelques heures de formation au jardinage biologique. Le fumier est récupéré chez des éleveurs voisins partenaires de l’entreprise. L’entrepreneur de Bilbao calcule les loyers en fonction des frais fixes et des frais variables. En moyenne le loyer est de  0.7 euros par m²,  ce prix étant variable en fonction de la surface voulue par le jardinier (prix dégressif avec l’augmentation de la surface voulue).

 

Une volonté de former les jardiniers aux méthodes écologiques

Les formations au jardinage écologique sont dispensées aux jardiniers notamment lors de leur arrivée. Dans le jardin de Saragosse, la technique du jardinage en butte est dispensée aux nouveaux arrivants, mais tous les jardiniers ne suivent pas cette pratique et expérimentent selon leurs envies, pourvu qu’aucun produit chimique ne soit utilisé. Dans les deux cas, les cours visent à améliorer l’autonomie des jardiniers après leurs avoir donné les bases du jardinage écologique. A Saragosse l’idée est de leur permettre par la suite, après avoir appris à jardiner de s’occuper d’un jardin plus grand. Dans ce jardin, une salle sera spécialement équipée pour accueillir les séances de formation.


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Les jardins de Saragosse avec un exemple de jardinage en butte

La flexibilité de l’entreprise et les effets obtenus

Une prise en compte des demandes des jardiniers

Les entrepreneurs sont parfois amener à modifier leurs projets en fonction de la demande des jardiniers. A Bilbao les jardiniers ont souhaité avoir des œufs frais en plus de leurs fruits et légumes.  L’entrepreneur a ainsi installé un poulailler au sein de ses jardins.

Un changement du comportement alimentaire des jardiniers

Les jardiniers qui cultivent en agriculture biologique semblent changer leurs comportements alimentaires et se tournent davantage vers une alimentation issue de l’agriculture biologique et locale. C’est pourquoi les entrepreneurs de Saragosse souhaitent mettre en place un  magasin bio dans le premier jardin, qui sera approvisionné par des agriculteurs bio locaux. Les jardiniers pourront faire leurs courses en fruits et légumes « pour que les gens repartent chez eux avec tout pour faire la cuisine en bio ». Un bâtiment en bois est en cours de construction pour accueillir ces services.  Les  jardiniers pourront emprunter des livres dans la bibliothèque, acheter des semences, du matériel pour le jardinage et pour la décoration intérieure.

Un rôle alimentaire non négligeable

Dans le cas des jardins aux parcelles suffisamment grandes, leur rôle alimentaire semble important. Les jardiniers produisent uniquement pour l’autoconsommation même si certains partagent avec leurs familles et amis notamment en période estivale. Certains jardiniers ont proposé à l’entrepreneur de mettre en place une caisse commune pour les surproductions afin de les donner aux œuvres sociales alimentaires de la ville. Ce projet reste en suspens car il semble être difficile à organiser selon l’entrepreneur.

Le jardin comme thérapie         

Le rôle thérapeutique du jardinage est présenté par un des trois entrepreneurs de Saragosse. Il donne l’exemple d’une femme qui avait peur de parler aux autres personnes auparavant et qui s’est ouverte aux autres après avoir intégré le jardin. De même, sont cités des exemples de personnes âgées ayant retrouvées un lien à la nature malgré leur arrivée en ville. D’autres remarques dans ce sens sont avancées pour mettre en évidence le besoin de recréer des liens entre les personnes et leur environnement naturel. Dans les deux cas, l’ambiance entre les jardiniers de chaque site semble être bonne.

Des entreprises créatrices d’emplois 

L’entrepreneur de Bilbao ne peut s’occuper seul de l’ensemble des jardins répartis sur 3 sites. Il embauche 2 employés saisonniers pour l’entretien des espaces communs, le travail du sol, la formation et l’accompagnement des jardiniers en période estivale. Plus généralement, la demande des citadins pour cultiver un jardin est en augmentation et les listes d’attentes s’agrandissent. D’autres jardins peuvent être créés, ce qui augmenterait par conséquent les nombre de personnes/travailleurs pour les mettre en place et les gérer.

Les divers problèmes rencontrés par ces entrepreneurs

Des problèmes apparaissent dans ces jardins et notamment le vol d’une partie de la production par des personnes extérieurs. L’entrepreneur de Bilbao a installé des grillages hauts avec des barbelés pour éviter ce problème. De plus les jardins sont fermés et accessibles uniquement par les usagers (clef ou carte magnétique).

Des problèmes d’ordre agronomiques apparaissent comme la qualité du sol, des zones trop mouilleuses, la présence de ravageurs (taupes).

Les pratiques de certains jardiniers peuvent également poser problème. Il faut veiller à ce que les jardiniers n’utilisent pas trop de matériaux extérieurs qui peuvent encombrer les jardins et en altérer la qualité paysagère. Par exemple, certains jardiniers utilisent beaucoup de matériaux plastiques sur leur jardin, ce qui dégrade l’aspect général et gêne les jardiniers voisins. Les entrepreneurs essayent de limiter ces pratiques par le dialogue et leur présence régulière dans le jardin. Plus largement les jardiniers sont soumis à un règlement intérieur qui doit être respecté sous peine d’exclusion du jardin bien que, pour le moment, ces cas restent très rares (cas d’impayés) et toujours réglés à l’amiable.

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Un jardinier utilisant beaucoup de matériaux plastiques dans un jardin à Saragosse

Bien qu’il soit interdit d’utiliser des produits chimiques dans ces jardins, nous apprenons par un jardinier que certains utilisent de la bouillie bordelaise.  Il semble difficile au gérant de contrôler l’ensemble des pratiques des jardiniers. De plus, l’entrepreneur de Bilbao nous fait remarquer que de nombreux jardiniers utilisent du fumier de manière démesurée, ce qui représente un gaspillage, une mauvaise pratique pour les plantes et un facteur de pollution des eaux.

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Du fumier épandu sur un jardin à Saragosse

En sortant de Madrid, un élevage de vaches laitières, des parcelles de maraîchage puis un grand jardin familial.

mars 27, 2014 dans Alimentation

Mardi 25 février,

En sortant de Madrid (à côté du périphérique de Coslada), un élevage de vaches laitières, des parcelles en maraîchage et céréaliculture et des jardins familiaux (au centre d’éducation environnemental de Henares).

 Disponible ! La fiche technique « En sortant de Madrid, trois situations différentes… ! 

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Nous vous présentons conjointement ces trois lieux car situés dans une même zone de Madrid, ils ont des caractéristiques totalement différentes.

Nous sortons de Madrid, nous sommes plus précisément sur le périphérique passant autour de Coslada lorsque nous voyons un élevage de vaches laitières.

L’ouvrier agricole avec qui nous parlons nous apprend qu’il y a 142 vaches laitières (des prim’Holstein) auxquelles il faut ajouter « la suite » (i.e les veaux et génisses, soit environ 250 animaux en tout).

vaches et avions

Vaches et avion

Nous arrivons ensuite à discuter avec le propriétaire de la ferme, qui nous dit à plusieurs reprises que les animaux souffrent de leur situation, ce qui confirme ce que nous voyons, les animaux sont en mauvais état dans une parcelle pleine de boue. L’agriculteur a acheté les terrains il y a plus d’une quarantaine d’années, et a été exproprié en 2005 par la mairie qui voulait faire à cet endroit un parc. Toutefois, n’ayant toujours pas reçu d’argent, il est toujours là, même « s’il préfèrerait qu’on le paye pour aller recommencer tout ailleurs ». A cause de cette expropriation, il ne peut pas faire de nouveau bâtiment, comme une nouvelle stabulation qui permettrait d’avoir une situation plus propre (il nous explique que la France avec ses nombreux petits élevages est en retard, alors qu’en Espagne il est possible de faire des élevages à 500 vaches en stabulation). Pour avoir un peu d’argent, ne pouvant demander de subventions pour des constructions, il a demandé des subventions pour un nouveau tracteur.

vaches en mauvais état

Une parcelle en mauvais état

Nous lui demandons de nous parler de l’évolution du paysage, il nous explique qu’auparavant, il n’y avait aucune construction à proximité ! Alors que maintenant il est à proximité d’un pôle multisport, qui pose visiblement problème (bruit le week end) et comme nous pouvons le constater, l’exploitation est encerclée de routes et les avions passent juste au-dessus, ce qui peut d’ailleurs expliquer l’absence d’urbanisation. Il ne voit pas d’intérêt à des systèmes de vente type circuit court, il vend actuellement sa production laitière à une entreprise qui fait du fromage industriel. Il nous répètera à plusieurs reprises que sa situation n’est pas favorable, qu’il travaille beaucoup et ne gagne pas grand-chose, il a toutefois deux employés.

Nb : « L’impossibilité de moderniser mon exploitation c’est comme si vous ne pouviez pas changer les freins et les vitesses sur votre vélo, vous n’iriez pas bien loin ! »

vaches devant urbain

Devant l’urbain, des vaches laitières prim’Holstein

culture maraichères

Une parcelle maraîchère bien entretenue

Nous voyons juste à côté un ensemble de parcelles de cultures maraichères entourées de parcelles de blé avec une infrastructure permettant un arrosage gravitaire, des gens sont en train de travailler, nous allons voir.

Après avoir franchi un portail et parcouru un chemin qui longe un cours d’eau, nous pénétrons vers un des cabanons.

Nous engageons la discussion avec un propriétaire en train de désherber, assez froidement il nous dit « je ne peux pas vous parler d’agriculture, je n’y connais rien moi, il faut aller voir les deux hommes à côté ». Nous arrivons tout de même à savoir que cet homme fait seulement du jardin pour sa famille. Dans le but de ne pas avoir à venir s’occuper trop souvent de sa parcelle, il ne met par exemple pas de tomate (qui oblige à venir tous les jours), mais privilégie les patates, les fèves… qu’il est d’ailleurs en train de désherber. Sur son terrain (qu’il a acheté il y a plus d’une vingtaine d’année) il y a aussi des fruitiers : des figuiers et de la vigne.

cabanons

Les cabanons au milieu des parcelles


Il nous dit qu’il achète le reste de son alimentation au supermarché ou au marché.

Sur ces recommandations et pour en savoir plus nous allons voir les deux hommes qui travaillaient sur la parcelle d’à côté.

chassis et canal gravitaire

Un support de chassis à côté d’un canal d’irrigation gravitaire

Au moment où nous arrivons, les deux hommes sont en train de se changer, ils sont sur le départ et ne parlent pas beaucoup. Nous arrivons tout de même à savoir qu’ils font beaucoup de légumes, qu’ils vendent sur le marché. L’un des deux semble être le responsable et l’autre un ami. Pendant qu’ils nous parlent, nous voyons dans leur local beaucoup de pesticides, ce qui concorde avec leur propos « on ne peut pas ne pas mettre de produit même si c’est de la très bonne terre ». Le propriétaire possède une partie du blé visible autour des parcelles de maraîchage, il le vend à une coopérative qui en fait de la farine. « Le responsable » nous apprend qu’ils ont toujours été propriétaires, le grand père ayant acheté il y a cinquante ans. Enfin, c’est cet homme qui gère les tours et le réseau pour l’arrosage gravitaire.

Un peu plus loin, deux hommes sont en train de faire des cuvettes autour d’arbres fruitiers, nous nous séparons, Simon va les voir pendant qu’Etienne et Yoann discutent avec deux autres hommes.

Les deux cousins, qui s’activent autour des fruitiers sont au chômage : l’un était dans le domaine du bâtiment et l’autre trapéziste. Ils ont décidé de se mettre à travailler ces plus de 1000 m² pour la production familiale « et pour vendre si ça marche bien ». Le terrain appartenant à leur grands parents, leur grand-mère encore vivante leur donne des conseils, eux qui déclarent ne savoir qu’un peu cultiver la terre, d’après ce qu’ils ont vu étant petits.

Avec un motoculteur et une débroussailleuse ils ont déjà remis en culture cette année une bonne partie du sol. Ils ont planté des oliviers, des cerisiers et des amandiers. Ils veulent aussi installer des poules pour avoir des œufs et qu’elles mangent les ravageurs type vers, en plus des chats qui sont là « pour chasser les taupes »

Ils sont très intéressés lorsqu’ils apprennent l’existence du Red de huertos urbanos, notamment pour les aspects techniques, sur lesquels ils souhaitent vraiment s’améliorer. Toutefois, si le Red de Huertos n’a pas normalement de lien avec les jardins à buts lucratifs, on peut imaginer que des échanges aient lieu, dans le but commun d’augmenter la sécurité alimentaire locale de la ville. Au niveau du contexte, nous apprenons que les terrains à côté sont à leur grand oncles/tantes (ils sont plus ou moins en friches). A la question qu’est-ce qui vous à donner envie de faire ça ils répondent : « s’occuper, profiter de ce terrain et le maintenir en état, payer moins cher les légumes et manger des légumes qui ne sont pas juste de l’eau et des produits ».

Pendant ce temps, Etienne et Yoann discutent avec deux autres hommes

tuyaux arrosage gravitaire

Les tuyaux reliant les canaux d’irrigation gravitaire

Leur terrain (qui leur a été offert il y a 7 ans) n’est pas énorme mais cela suffit pour produire pour eux, famille et amis. Possédant comme les autres parcelles un système d’irrigation gravitaire, ces deux jardiniers cultivent de nombreuses espèces. Un des deux hommes à un fils qui fait de la foresterie à Nancy, de plus ils nous indiquent un autre jardin, (voir ci-dessous). Nous repartons en même temps qu’eux car ce sont les derniers et ils doivent fermer le portail (avec une clef commune), les liens entre les jardiniers ne semblent pas allez plus loin.

Nous prenons la route M205 et passons au-dessus de la M 50, nous tournons alors à droite et passons devant une immense réserve d’essence. Nous pénétrons alors dans le grand jardin d’Hénarès, à proximité d’un centre de formation agricole et abritant un centre d’éducation environnemental.

panneau entrée

Panneau à l’entrée du jardin

C’est un ensemble de plusieurs zones, gérées par une association différente à chaque fois. Il y a une route au milieu, des infrastructures importantes (douches, wc, salle commune…). Etienne discute avec un des premiers jardiniers du jardin (un des trois doyens). Selon lui, ce serait le président de la communauté de Madrid qui a pioché l’idée de jardin en Hollande lors d’un déplacement. C’est alors un des premiers jardins à but non commercial et non exclusivement productif : « huerto de ocio ». Le fonctionnement est régi par un bail de quatre ans et demi, renouvelable, si le jardin est réellement utilisé, ceci pour un coût de 180 euros par an. Au niveau des pratiques agricoles, tout doit être bio et ceci est cohérent avec les panneaux de sensibilisation présents au niveau du centre d’éducation environnemental. Ce jardinier habite à côté à Torrejon de Ardoz et vient donc en voiture comme la plupart des personnes. Pour lui, l’avantage de ce jardin est que « l’été tu peux jardiner, c’est du gros boulot, transpirer et aller te doucher après » La production jardinière est destinée à lui, sa famille et ses amis. Le reste de consommation alimentaire vient de chez carrefour. En tant que retraité, ancien sportif, le jardinage lui permet d’avoir une activité de plein air.

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Chaque parcelle (240 de 250 m²) a son cabanon

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Un marché bio pour compléter la production des jardiniers ?

Pour plus d’information : http://www.madrid.org/cs/Satellite?c=CM_Actuaciones_FA&cid=1142314660051&idTema=1109265603340&pagename=ComunidadMadrid%2FEstructura&pv=1114184506471&segmento=1

Ou contact : Centro Caserío de Henares Camino de la Vega, s/n 28830 – San Fernando de Henares (Madrid) Telf. y fax: 91 673 82 99

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les ceintures vertes, d’hier à … deux mains.

décembre 8, 2013 dans Nos réflexions générales

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En photo, une exploitation agricole de la ceinture maraîchère de Paris, à Cergy. L’agriculture périurbaine entre atouts ( marché à proximité ) et handicaps (cf, les tags sur les serres).

Les ceintures vertes qui sont le plus souvent des zones maraîchères péri-urbaines ont eu un rôle important dans l’approvisionnement des villes pendant bien longtemps, avant que ne s’opère le développement des moyens de transport comme le train et la spécialisation des territoires.

Avec les circuits courts ces ceintures vertes reviennent sur le devant de la scène… Et cela peut permettre de créer de l’emploi, de proximité et non délocalisable…le maraîchage créant souvent du travail pour plusieurs personnes, pour plus de deux mains !

Alors faisons un tour d’horizon de ces ceintures maraîchères…

Il est intéressant de constater qu’actuellement encore, les exploitations agricoles à proximité des villes sont plus petites mais sont plus intensives en travail.

Certaines initiatives sont pour le retour d’une ceinture maraîchère autour de Paris afin de limiter la dépendance alimentaire. La capitale ne tiendrait que quelques jours en autonomie alimentaire en cas de souci s’approvisionnement. Les colibris, mettant en avant une coopération pour le changement des territoires au niveau agricole, proposent des pistes de réflexion et évoquent des exemples concrets comme Toulouse et à Rodez. Ces villes parlent de leurs initiatives dans la presse, mettant en cause la pression foncière. « On se doit de faire bouger les choses. Les municipalités ont la capacité de faire préemption pour la construction d’hypermarché mais elles ont aussi le choix de laisser ces terres en cultures «  selon Laurent Rémès, le président de l’APABA, (association pour la promotion de l’agriculture biologique) près de Rodez, allant dans le même sens que l’adjointe au maire Marie-Claude Carlin qui « veut récréer une ceinture maraîchère autour du Piton ruthénois ».

Plus concrètement, une réflexion autour d’une ceinture verte pas forcément maraîchère autour de la capitale est d’actualité. Celle-ci utilise le tracé de la petite ceinture dans l’idée de favoriser le développement d’activité sportive et d’augmenter le lien à la nature des parisiens.

La question des ceinture maraîchères concerne aussi les pays en voie de développement comme l’explique un article du journal de brazza, (dont nous ne cautionnons pas certaines expressions) mais qui rappelle que des maraîchers de Brazzaville voient leur terrains agricoles sous l’action de migrants qui y implantent des habitations de fortune.

 

 
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