Un potager sur la place centrale du quartier défavorisé de San Francisco, Bilbao

mars 26, 2014 dans Lien social

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Le Mardi 20 janvier 2014, 

Nous rencontrons Elena, membre très active de l’une des 3 associations fondatrices du jardin, ainsi que Julieta, engagée dans l’agriculture urbaine et journaliste à plein temps.

Dans le quartier défavorisé de San Francisco, en avril 2013, trois associations du quartier ont l’idée de créer un jardin en ville :

  • Espacio Plaza est une association qui revendique en particulier la transformation de la place Bihotza Mariaren en un espace vecteur de plus de lien social.
  • NEVIPEN est une association qui promeut la culture gitane dans le quartier et qui aide à l’insertion sociale des gitans en situation peu favorable dans le quartier.
  • Susterra axe son action vers la médiation familiale, l’accompagnement et de l’insertion pour les jeunes.

Pour créer ce jardin, ces 3 associations se sont regroupées et, grâce à leur union, ont impulsé l’aménagement d’un jardin sur la place Bihotza Mariaren, acollé au centre civique du quartier. Depuis, les associations ont mis en place un groupe responsable du jardin.

 

Réunion

Julieta à gauche et Elena à droite

Celui-ci se rassemble tous les quinze jours au sein d’une assemblée (libre, où tout le monde, sous réserve de venir au jardin, peut prendre part au débat) pour prendre les décisions et planifier les travaux de jardinage. La communication reste toutefois à améliorer : en externe, il n’existe pas de pancarte explicative du projet – celui-ci est très peu visible depuis la place, grilles et porte en bois- et seule une page facebook permet de suivre les activités ; en interne, une volonté de favoriser la communication entre les membres est affichée avec pour le futur, la création d’un espace de stockage en réseau et d’une mail-list pour améliorer la gestion du jardin. Les associations ont cependant participé à l’évènement Arroces del mundo (journée de partage et de découvertes gastronomiques autour du riz du monde entier, 5000 visiteurs cette année).

Techniquement, avec l’aide d’Inaki, un exploitant agricole engagé de manière redondante dans les projets d’agriculture urbaine de Bilbao, les jardinières sont pourvues d’un substrat fertile (vidéos Llevame al huerto – http://www.llevamealhuerto.com/llevamealhuertotv/huertas-y-huertos/) et une régulation de certaines plantes (bambous) a été réalisé sur l’espace du jardin. Inaki a aussi formé les jardiniers, pour la plupart novices, aux pratiques de bases : ceci continue cette année avec un atelier sur le compostage fin février grâce au financement de la mairie.

Ce groupe de jardinier, dont une quinzaine vient régulièrement (sur une trentaine) est essentiellement constitué de femmes de 30 à 60 ans, d’origines géographiques variées. Selon Elena, le jardinage sous cette forme est difficile à combiner avec un emploi du temps professionnel, la plupart des gens venant en fin de journée ou le week-end.

Elena

Elena devant une des tables de culture

Le jardin se constitue d’une jardinière principale en bordure de grille d’une longueur de 45 m et d’une largeur d’environ 50 cm, dont une partie occupée par endroits par des plantes ornementales (bambous) ; de plusieurs bacs de cultures plus ou moins rustiques : deux tables de culture avec une structure en fer (d’un coût de 350 euros chacune, réalisées par une entreprise du quartier), et quelques tables faites avec des matériaux de récupération pour le rangement du matériel, des semences et la réalisation des plants. Différentes semences sont utilisées dans le jardin, avec des variétés plus ou moins locales (travail avec la jardinerie Antunano, Red de Semillas, graines des jardiniers). Le jardin est cultivé sans produit chimique : le modèle d’association de légumes, d’aromatiques et de plantes à fleurs est clairement affiché, même si la communauté limite ces dernières. Une idée forte dans ce jardin est aussi la maximisation des rendements sur de faibles surfaces de terres. On nous indique aussi que pour installer des jardins, il faut que les idées viennent d’en bas, directement des gens, et non pas d’en haut !

Impulsé par les 3 associations et financé par la mairie, c’est le seul centre civique municipal de Bilbao ayant réalisé cette initiative et il semble que le représentant municipal de ce quartier en soit assez fier ! En point d’orgue cependant, un employé du centre civique nous confie « Pour moi c’est tellement petit que c’est comme un jeu, mais je trouve ça bien »…

 

NB1 : On nous conseille aussi un jardin squat à l’abandon dans Bilbao que nous n’aurons pas le temps d’aller enquêter, le Dezazkundea Baratza (Via Vieja de Lezarua) dans le quartier d’Uribarri.

NB : Un retraité dans un village proche de Mungia (nord de Bilbao) possède une ancienne variété de tomate (dont la qualité est reconnue de tous) qu’il veut conserver d’une éventuelle hybridation avec les variétés cultivées par ses voisines : il distribue donc ses propres semences gratuitement autour de chez lui et s’assure ainsi que seule sa variété est cultivée dans le voisinage…

 

 

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