Nos réflexions sur l’agriculture urbaine en mars 2014: pour un développement du territoire intégré ?

mars 26, 2014 dans Nos réflexions générales


Près de Bilbao, débroussailleuses

Utiliser de l’énergie en détruisant des producteurs d’énergie, relargué du CO2 en détruisant des stockeurs de CO2, quelle cohérence avec les enjeux actuels ?

Agriculture urbaine, péri-urbaine et aménagement du territoire.

S’intéresser à l’espace agricole, à l’urbanisme, aux infrastructures et à leur impact sur leur environnement, tout en ayant la volonté de développer l’agriculture dans ces endroits amène à se poser des questions plus larges sur l’aménagement du territoire. En effet, lorsque l’on repère un endroit en friche, un délaissé lié à une infrastructure routière, ferrée ou industrielle ou bien un espace vert plus ou moins entretenu, se pose alors la question de la conversion potentielle de cet espace en agriculture ou pour une autre utilisation. Si l’agriculture urbaine, productrice d’aliments peut être une solution pertinente pour certains espaces, il semble que pour d’autres de l’élevage, de la foresterie ou de l’agriculture pour la production d’énergie ou pour de l’épuration semblerait plus pertinent… Quelques questions qui se posent dans cette thématique.

1° Pourquoi certains espaces sont entretenus à de forts coûts énergétiques alors qu’ils pourraient devenir producteurs d’énergie, exportateurs ? Que faire pour limiter le coût énergétique de l’entretien des espaces lorsque ceci est obligatoire ?

Il nous semble aberrant de constater que de nombreux espaces aux alentours des villes subissent un entretien très énergivore du à la consommation des nombreuses débroussailleuses, faucheuses d’accotement, tronçonneuses, taille-haies et au gaspillage lié aux feux de branches issus de la taille des arbres en ville. On pourrait s’attendre à ce que dans les espaces où l’agriculture ne peut venir s’introduire pour des raisons de sécurité (parcelle d’échangeur routier par exemple) ou sanitaire (trop forte proximité d’un trafic routier dense) que des cultures à productions énergétiques viennent s’implanter (Taillis à courte rotation, cultures à croissances rapides type Miscanthus, culture d’arbres pour le bois de chauffage ), ou pour réaliser des transferts de fertilité (mise en place de trognes ou d’arbres recépées régulièrement pour produire du Bois Raméal Fragmenté ou culture de légumineuses fauchées pour fertiliser des parcelles en maraichage par exemple),ou pour réaliser des fonctions d’épuration (traitement des eaux usées, des eaux pluviales issues de la voirie). Lorsque la contrainte de l’entretien de l’espace est trop forte (besoin de visibilité dans les carrefours, risque de chute de branche, problème par rapport à la neige..) il peut être bon de trouver des solutions peu coûteuses en énergie, de valoriser les productions (pâturage, utilisation des déchets pour la méthanisation ou la combustion).

2° Comment expliquer l’omniprésence de l’herbe et quelles sont ses fonctions en ville, à quel point peut elle être remplacée ?

En observant la ville, on remarque rapidement que de nombreuses surfaces non bétonnées (car tout de même artificialisées) sont occupées par un gazon très bien entretenu. On peut donc supposer que celui-ci joue un rôle important dans le paysage urbain. Quelques suppositions : la couleur verte maintenue en permanence a une bonne symbolique ‘nature’, cela permet aussi de maintenir un espace ouvert, ouvre de multiples possibilités d’utilisation. Cette ouverture servirait même d’espace de transition aux personnes revenant du travail, une frontière à traverser qui séparerait le monde du travail et la vie personnelle et/ou familiale.

3° Comment planifier l’occupation de l’espace à l’échelle d’une agglomération pour l’optimiser ? Doit on mettre en place des filières territoriales pour les aspects énergétiques ?

Afin de créer des solutions cohérentes et adaptées au territoire, il faut que les cultures mises en place sur les espaces trouvent des débouchés, que des filières se mettent en place, que les techniques et les réglementations s’adaptent..

4° La réinvention de l’entretien de l’espace et des rapports entre les personnes, comment faire pour organiser un entretien par pâturage ou une gestion forestière sur un ensemble d’une multitude de petites parcelles éparpillées ?

Il est très difficile d’imaginer que chacun possède deux ou trois moutons pour entretenir des aires enherbées ou que chacun coupe du bois dans un délaissé pour faire son bois de chauffage… Toutefois, des structures entrepreneuriales ou institutionnelles peuvent se mettre en place ou vendre ou offrir se service.

5° Dans des espaces en constante évolution, avec des dynamiques assez rapides d’urbanisation comment faire pour faciliter des aménagements transitoire ?

L’objectif n’étant pas de figer l’urbanisation, il faut chercher des solutions (réglementaires ou informelles …?) pour permettre par exemple l’occupation temporaire d’une friche avant construction. Cela pose des questions par rapport au régime d’occupation des sols, à la propriété mais aussi en terme d’investissement de la part des jardiniers ou de l’agriculteur qui peuvent avoir du mal à s’investir dans la fertilité d’un sol tout en connaissant l’issue de celui-ci.

débroussailleuses

 

Un bel avenir pour les débroussailleuses comestibles ? quels enjeux sanitaires pour des animaux consommant des zones polluées ? quelles structures professionnelles, foncières, institutionnelles pour favoriser ces pratiques ?

Gizatea, une entreprise pour l’insertion sociale en Pays Basques

mars 11, 2014 dans Lien social

Nous rencontrons Amaia Naveda Sáenz de Ugarte, employée plein de temps de Gizatea.

Gizatea est un réseau d’entreprises qui travaille pour l’insertion sociale en Pays Basques.Ses objectifs sont:

  • la construction d’un discours commun pour défendre ce type d’entreprises
  • la contribution à l’amélioration et au renforcement du secteur,
  • la promotion de la coopération entre les entreprises,
  • et la facilitation du dialogue avec les institutions publiques et la société.

De plus, la structure se place dans le cadre de l’économie sociale et solidaire. Gizatea regroupe 45 entreprises de secteurs d’activités différents. Parmi ces entreprises, Zurtek nous intéresse particulièrement pour ses structures en bois inclinées qui permettent l’installation de jardinières sur les balcons et sur les toits. Amaia nous apprend

l’existence de ferias, équivalent espagnol de nos fêtes agricoles françaises. Cependant, celles-ci ont lieu dans chaque village et à intervalles réguliers (environ chaque mois). Ces ferias viennent en quelque sorte remplacer les marchés locaux à la française.

Amaia nous donne d’autre pistes comme celle du movimiento de los decrecimientos qui s’apparente au mouvement de décroissants français, visant à une moindre consommation matérielle dans la vie quotidienne. L’idée d’autosuffisance pour les produits de première nécessité rejoint la volonté d’entretenir un jardin potager. Une autre piste, le syndicat agricole EHNE Bizkaia, soit l’équivalent de la Confédération paysanne en Hegoalde – « pays basque sud » en basque -, défend les valeurs paysannes des agriculteurs. Amaia nous parle aussi d’Esnetik, une coopérative laitière de production et de commercialisation de produits laitiers. Elle collecte le lait de petits producteurs, transforme en différents produits laitiers et vend à plusieurs petits commerces de proximité, dans les fêtes paysannes et chez les commerçants BIO.

 
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