Emaus et BBK : Bioeskola, la réinsertion par l’activité agricole !

mars 27, 2014 dans Lien social

A Bilbao le 16 janvier 2014

Emaus et BBK : Bioeskola,

la réinsertion par l’activité agricole !carte Bio Eskola

Article Bioeskola disponible en pdf !

 

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Nous arrivons sur place : une exploitation maraichère difficile à trouver en périphérie du parc technologique de Zamudio. Ce projet mis en place entre mars et juin 2013 s’est créé grâce à 3 acteurs fondamentaux :

  • l’association Emaus est à la co-initiative du projet, dont l’objectif de réinsertions des personnes marginales rentre dans le cadre de ceux fixés dans ses statuts
  • la fondation de la banque BBK a co-créé ce projet avec Emaus. BBK finance la majeure partie des infrastructures dans le cadre de ses œuvres sociales.
  • le parc technologique de Zamudio fournit les terrains dans le cadre de sa responsabilité sociale et environnementale.

« C’est nouveau en Espagne, il n’y a pas d’autre endroit où ça se fait… comme  ça ! ». Cette exploitation maraichère proche de Bilbao alimente les employés du parc technologique en produits BIO sous la forme de paniers hebdomadaires. Ces fruits et légumes sont produits grâce à la main d’œuvre de personnes issues de milieux difficiles divers (maladie psychiatrique, sans domicile fixe, alcooliques et dépendants), bien souvent en situation d’exclusion sociale. L’objectif du projet est donc double : redonner à ces personnes un véritable statut social de travailleur et favoriser l’alimentation saine, locale, et en vente directe dans l’environnement urbain proche de l’exploitation. Nous nous intéressons particulièrement à ce premier, décrit comme le point le plus important et le plus innovant du projet : la réinsertion sociale par l’activité agricole.

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L’exploitation vue de son point le plus haut

 

Pourquoi l’agriculture comme moyen d’insertion, et comment ?

Être à l’aire libre, dans le silence, se retrouver face à soi même et aux éléments climatiques : c’est ce que permet le travail en agriculture. Cela induit l’humilité face au vivant, la prise en compte des plantes et des soins dont elles ont besoin, et l’acceptation de l’échec possible lors de la culture. Ce travail est très différent d’une vie en usine.

Durant deux ans maximum, les ouvriers-patients se forment aux pratiques de l’agriculture biologique pour leur permettre de trouver un emploi. Ils reçoivent une réelle formation théorique et pratique, qui peut même les mener à l’obtention de diplômes (ex : certificat d’utilisation de produits phytosanitaires). La production vendue sous la forme de paniers hebdomadaires à la sortie des entreprises le vendredi joue un rôle important dans la thérapie de ces personnes : la reconnaissance du client est essentielle dans le processus de soin. Un autre point de retrait existe dans le centre de Bilbao et les paniers sont actuellement vendus à 10 euros l’unité, comprenant fruits et légumes de saison.

L’emploi du temps des travailleurs se repartit dans la journée de 9h à 13h et/ou 14h à 18h  avec un repas commun à 13h. Cet emploi du temps est aménagé en fonction des besoins des travailleurs. Bien que les personnes travaillant à la ferme soient dans une démarche volontaire, ils s’engagent à venir d’eux-mêmes tous les jours. Pour le moment aucune personne n’a manqué à ses obligations malgré les intempéries.

 

Et pourquoi l’agriculture biologique (AB) ?

Il a été choisi de pratiquer une agriculture biologique sur ces parcelles pour plusieurs raisons :

  • la philosophie de l’AB (respect de l’environnement et mise en parallèle avec le besoin de ces personnes de réapprendre à se respecter et à respecter l’autre
  • Donner une plus grande autonomie (ce qui évite le paternalisme) aux travailleurs qui évoluent dans un milieu sans aucune pratique dangereuse pour la santé.

Au-delà du cahier des charges de l’AB, de nombreuses pratiques sont misent en place pour respecter au maximum l’environnement et la philosophie de la structure : association de cultures, drainage ouvert (fossé) pour favoriser la faune et la flore, implantation de bandes florales. Un véritable bagage technique est apporté aux travailleurs grâce à la pratique de l’AB : les rotations de cultures, la prévention pour la gestion des adventices et des ravageurs, les associations de plantes et l’attention portée au sol.

 

Qui gère tout ça ?

Ces éléments de compréhension nous sont comptés par Mikel et Irama, encadrants du projet sur l’exploitation. Mikel, ancien agriculteur, est le responsable technique de la production agricole et du terrain. Passionné d’agriculture, il expérimente diverses productions écologiques et utilise la nature à bon escient grâce à un bon bagage technique qui lui permet d’aborder les difficultés de la gestion d’une exploitation maraichère « pas à pas». Irama, employée d’Emaus en tant que travailleuse sociale, se charge de l’accompagnement social, du recrutement, du suivi quotidien (bilans réguliers avec les travailleurs sur leurs questions, leur progression, leurs objectifs, que ceux-ci soient personnels ou professionnels, gestion des conflits) et de la logistique (coordination avec l’hôpital psychiatrique proche et avec les autres structures du projet). Ces deux encadrants sont aidés par deux ouvriers agricoles qui travaillent en permanence avec eux et ont en charge la logistique de cette véritable exploitation agricole. Cette équipe multidisciplinaire au fonctionnement convivial permet des interactions privilégiées au sein de la structure. L’ensemble des infrastructures sont cependant facilement démontables dans le cas où le Parc technologique voudrait récupérer ses terrains.

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Mikel (à droite) dans le bâtiment de stockage

Plus techniquement…

Les parcelles, en pente légère ont un sol très argileux, compacté et à faible teneur en potasse. Très peu drainant, la mise en place d’un système de drainage a été nécessaire. Ces terrains n’ont pas été cultivé depuis 40 ans, seules des vaches y pâturaient.  La parcelle bénéficie d’un climat doux grâce à la proximité de la mer. Un système d’irrigation enterré avec récupération des eaux de pluie est en place ainsi que 4 serres, un bâtiment pour le matériel et la préparation des paniers  et un bâtiment sanitaire. La parcelle est divisée en 3 sous-parcelles correspondant aux rotations de cultures : légumineuses, crucifères, jachères, solanacées. Des rotations de 3 ans par famille de culture sont effectuées. Le travail du sol nécessite 3 sous solage pour casser les mottes et décompacter l’argile. La fertilisation est assurée avec du patenkali et de la mélasse de betterave, et le compost est réalisé avec ajout de lombrics de Californie.

 

 

Quels sont les effets obtenus et dans quels domaines ?

La production biologique sur cet espace tend vers la création d’un écosystème qui se veut en adéquation avec la nature environnante, notamment avec le ruisseau et les haies en contrebas.

La vente des paniers, en plus de ses avantages thérapeutiques pour les travailleurs, plait particulièrement aux employés du parc technologique qui y trouvent l’opportunité de s’alimenter plus durablement tout en contribuant à un projet : « Pour les consommateurs, relativement riches, c’est comme payer une cotisation à greenpeace tout en ayant directement un panier de légumes en échange ».

Après 6 mois de fonctionnement, il est cependant difficile de faire le point sur l’évolution « sociale » des ouvriers-patients, mais le bilan est positif dans la mesure où aucun problème n’est détecté et que ceux-ci sont très contents de venir travailler chaque jour.

 

Des problèmes, difficultés rencontrées ?

Les principaux problèmes rencontrés sont relatifs à la production en elle-même : la productivité n’est pas maximale. Le terrain n’est pas le plus propice à la production maraichère étant donné sa très forte quantité d’argile qui engendre un compaction délicate à gérer pour conserver un sol favorable à la croissance végétale, notamment lors d’épisodes pluvieux importants.

A terme le projet souhaite produire ses propres semences au fil des générations, mais pour l’instant l’achat de semences paysannes locales induit de faibles rendements dus à la faible variabilité génétique de ces semences : « Nous allons faire nos semences petits à petits mais les semences locales du marché étant parfois dégénérées, je préfère d’abord assurer la production ».

A ces deux critère s’ajoutent celui d’une main d’œuvre particulière, en plein apprentissage et à présence variable. Le potentiel en termes de travail est améliorable.

On dénote aussi quelques remarques des voisins considérant l’apparition de « malades mentaux » dans la parcelle d’à côté comme dangereuse. Aucun incident, même mineur n’est cependant à déplorer…

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Irama et une stagiaire, entre bâtiment et parcelle

 

Quels enseignements tirer ?

Face à ces difficultés de travail, le principal enseignement mis en application par Mikel est le pragmatisme dans la nécessaire production agricole. Celui-ci, tout en restant dans une production biologique, n’hésite pas à prendre des mesures en faveur d’une bonne production quitte à ne pas toujours être en totale adéquation avec ce qu’il aimerait pouvoir mettre en place. Il utilise donc des semences classiques, un tracteur et des bâches plastiques dont il pourrait se passer dans un projet de vie individuel.

 

La voie à suivre

A terme la ferme Bio Eskola souhaite augmenter la production ce qui permettra de faire plus de paniers de plus grosse taille et engendrera une augmentation de son prix. L’objectif actuel : atteindre 200 paniers produits en juin. Selon Mikel, la production ne pourra pas dépasser 250 paniers aux vues de l’historique de production régionale.

Malgré les aides reçues lors de sa création et actuellement pour son fonctionnement, le projet veut augmenter sa part d’autofinancement par la vente des produits agricoles (80% contre 20% venant des subventions).

Pour l’avenir, Mikel veut consolider la production maraichère puis envisage la culture de champignons, ainsi que la mise en place d’un poulailler de 400 têtes pour produire des œufs. Il aimerait se pourvoir d’un âne pour remplacer le tracteur par la traction animale, tout en conservant le même espace : « je ne veux pas agrandir, il ne faut pas que le projet ne perde sa vocation initiale et je préfère que les gens s’installent tout seul »

 

En sortant de Madrid, un élevage de vaches laitières, des parcelles de maraîchage puis un grand jardin familial.

mars 27, 2014 dans Alimentation

Mardi 25 février,

En sortant de Madrid (à côté du périphérique de Coslada), un élevage de vaches laitières, des parcelles en maraîchage et céréaliculture et des jardins familiaux (au centre d’éducation environnemental de Henares).

 Disponible ! La fiche technique « En sortant de Madrid, trois situations différentes… ! 

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Nous vous présentons conjointement ces trois lieux car situés dans une même zone de Madrid, ils ont des caractéristiques totalement différentes.

Nous sortons de Madrid, nous sommes plus précisément sur le périphérique passant autour de Coslada lorsque nous voyons un élevage de vaches laitières.

L’ouvrier agricole avec qui nous parlons nous apprend qu’il y a 142 vaches laitières (des prim’Holstein) auxquelles il faut ajouter « la suite » (i.e les veaux et génisses, soit environ 250 animaux en tout).

vaches et avions

Vaches et avion

Nous arrivons ensuite à discuter avec le propriétaire de la ferme, qui nous dit à plusieurs reprises que les animaux souffrent de leur situation, ce qui confirme ce que nous voyons, les animaux sont en mauvais état dans une parcelle pleine de boue. L’agriculteur a acheté les terrains il y a plus d’une quarantaine d’années, et a été exproprié en 2005 par la mairie qui voulait faire à cet endroit un parc. Toutefois, n’ayant toujours pas reçu d’argent, il est toujours là, même « s’il préfèrerait qu’on le paye pour aller recommencer tout ailleurs ». A cause de cette expropriation, il ne peut pas faire de nouveau bâtiment, comme une nouvelle stabulation qui permettrait d’avoir une situation plus propre (il nous explique que la France avec ses nombreux petits élevages est en retard, alors qu’en Espagne il est possible de faire des élevages à 500 vaches en stabulation). Pour avoir un peu d’argent, ne pouvant demander de subventions pour des constructions, il a demandé des subventions pour un nouveau tracteur.

vaches en mauvais état

Une parcelle en mauvais état

Nous lui demandons de nous parler de l’évolution du paysage, il nous explique qu’auparavant, il n’y avait aucune construction à proximité ! Alors que maintenant il est à proximité d’un pôle multisport, qui pose visiblement problème (bruit le week end) et comme nous pouvons le constater, l’exploitation est encerclée de routes et les avions passent juste au-dessus, ce qui peut d’ailleurs expliquer l’absence d’urbanisation. Il ne voit pas d’intérêt à des systèmes de vente type circuit court, il vend actuellement sa production laitière à une entreprise qui fait du fromage industriel. Il nous répètera à plusieurs reprises que sa situation n’est pas favorable, qu’il travaille beaucoup et ne gagne pas grand-chose, il a toutefois deux employés.

Nb : « L’impossibilité de moderniser mon exploitation c’est comme si vous ne pouviez pas changer les freins et les vitesses sur votre vélo, vous n’iriez pas bien loin ! »

vaches devant urbain

Devant l’urbain, des vaches laitières prim’Holstein

culture maraichères

Une parcelle maraîchère bien entretenue

Nous voyons juste à côté un ensemble de parcelles de cultures maraichères entourées de parcelles de blé avec une infrastructure permettant un arrosage gravitaire, des gens sont en train de travailler, nous allons voir.

Après avoir franchi un portail et parcouru un chemin qui longe un cours d’eau, nous pénétrons vers un des cabanons.

Nous engageons la discussion avec un propriétaire en train de désherber, assez froidement il nous dit « je ne peux pas vous parler d’agriculture, je n’y connais rien moi, il faut aller voir les deux hommes à côté ». Nous arrivons tout de même à savoir que cet homme fait seulement du jardin pour sa famille. Dans le but de ne pas avoir à venir s’occuper trop souvent de sa parcelle, il ne met par exemple pas de tomate (qui oblige à venir tous les jours), mais privilégie les patates, les fèves… qu’il est d’ailleurs en train de désherber. Sur son terrain (qu’il a acheté il y a plus d’une vingtaine d’année) il y a aussi des fruitiers : des figuiers et de la vigne.

cabanons

Les cabanons au milieu des parcelles


Il nous dit qu’il achète le reste de son alimentation au supermarché ou au marché.

Sur ces recommandations et pour en savoir plus nous allons voir les deux hommes qui travaillaient sur la parcelle d’à côté.

chassis et canal gravitaire

Un support de chassis à côté d’un canal d’irrigation gravitaire

Au moment où nous arrivons, les deux hommes sont en train de se changer, ils sont sur le départ et ne parlent pas beaucoup. Nous arrivons tout de même à savoir qu’ils font beaucoup de légumes, qu’ils vendent sur le marché. L’un des deux semble être le responsable et l’autre un ami. Pendant qu’ils nous parlent, nous voyons dans leur local beaucoup de pesticides, ce qui concorde avec leur propos « on ne peut pas ne pas mettre de produit même si c’est de la très bonne terre ». Le propriétaire possède une partie du blé visible autour des parcelles de maraîchage, il le vend à une coopérative qui en fait de la farine. « Le responsable » nous apprend qu’ils ont toujours été propriétaires, le grand père ayant acheté il y a cinquante ans. Enfin, c’est cet homme qui gère les tours et le réseau pour l’arrosage gravitaire.

Un peu plus loin, deux hommes sont en train de faire des cuvettes autour d’arbres fruitiers, nous nous séparons, Simon va les voir pendant qu’Etienne et Yoann discutent avec deux autres hommes.

Les deux cousins, qui s’activent autour des fruitiers sont au chômage : l’un était dans le domaine du bâtiment et l’autre trapéziste. Ils ont décidé de se mettre à travailler ces plus de 1000 m² pour la production familiale « et pour vendre si ça marche bien ». Le terrain appartenant à leur grands parents, leur grand-mère encore vivante leur donne des conseils, eux qui déclarent ne savoir qu’un peu cultiver la terre, d’après ce qu’ils ont vu étant petits.

Avec un motoculteur et une débroussailleuse ils ont déjà remis en culture cette année une bonne partie du sol. Ils ont planté des oliviers, des cerisiers et des amandiers. Ils veulent aussi installer des poules pour avoir des œufs et qu’elles mangent les ravageurs type vers, en plus des chats qui sont là « pour chasser les taupes »

Ils sont très intéressés lorsqu’ils apprennent l’existence du Red de huertos urbanos, notamment pour les aspects techniques, sur lesquels ils souhaitent vraiment s’améliorer. Toutefois, si le Red de Huertos n’a pas normalement de lien avec les jardins à buts lucratifs, on peut imaginer que des échanges aient lieu, dans le but commun d’augmenter la sécurité alimentaire locale de la ville. Au niveau du contexte, nous apprenons que les terrains à côté sont à leur grand oncles/tantes (ils sont plus ou moins en friches). A la question qu’est-ce qui vous à donner envie de faire ça ils répondent : « s’occuper, profiter de ce terrain et le maintenir en état, payer moins cher les légumes et manger des légumes qui ne sont pas juste de l’eau et des produits ».

Pendant ce temps, Etienne et Yoann discutent avec deux autres hommes

tuyaux arrosage gravitaire

Les tuyaux reliant les canaux d’irrigation gravitaire

Leur terrain (qui leur a été offert il y a 7 ans) n’est pas énorme mais cela suffit pour produire pour eux, famille et amis. Possédant comme les autres parcelles un système d’irrigation gravitaire, ces deux jardiniers cultivent de nombreuses espèces. Un des deux hommes à un fils qui fait de la foresterie à Nancy, de plus ils nous indiquent un autre jardin, (voir ci-dessous). Nous repartons en même temps qu’eux car ce sont les derniers et ils doivent fermer le portail (avec une clef commune), les liens entre les jardiniers ne semblent pas allez plus loin.

Nous prenons la route M205 et passons au-dessus de la M 50, nous tournons alors à droite et passons devant une immense réserve d’essence. Nous pénétrons alors dans le grand jardin d’Hénarès, à proximité d’un centre de formation agricole et abritant un centre d’éducation environnemental.

panneau entrée

Panneau à l’entrée du jardin

C’est un ensemble de plusieurs zones, gérées par une association différente à chaque fois. Il y a une route au milieu, des infrastructures importantes (douches, wc, salle commune…). Etienne discute avec un des premiers jardiniers du jardin (un des trois doyens). Selon lui, ce serait le président de la communauté de Madrid qui a pioché l’idée de jardin en Hollande lors d’un déplacement. C’est alors un des premiers jardins à but non commercial et non exclusivement productif : « huerto de ocio ». Le fonctionnement est régi par un bail de quatre ans et demi, renouvelable, si le jardin est réellement utilisé, ceci pour un coût de 180 euros par an. Au niveau des pratiques agricoles, tout doit être bio et ceci est cohérent avec les panneaux de sensibilisation présents au niveau du centre d’éducation environnemental. Ce jardinier habite à côté à Torrejon de Ardoz et vient donc en voiture comme la plupart des personnes. Pour lui, l’avantage de ce jardin est que « l’été tu peux jardiner, c’est du gros boulot, transpirer et aller te doucher après » La production jardinière est destinée à lui, sa famille et ses amis. Le reste de consommation alimentaire vient de chez carrefour. En tant que retraité, ancien sportif, le jardinage lui permet d’avoir une activité de plein air.

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Chaque parcelle (240 de 250 m²) a son cabanon

marché écologique

Un marché bio pour compléter la production des jardiniers ?

Pour plus d’information : http://www.madrid.org/cs/Satellite?c=CM_Actuaciones_FA&cid=1142314660051&idTema=1109265603340&pagename=ComunidadMadrid%2FEstructura&pv=1114184506471&segmento=1

Ou contact : Centro Caserío de Henares Camino de la Vega, s/n 28830 – San Fernando de Henares (Madrid) Telf. y fax: 91 673 82 99

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nos réflexions sur l’agriculture urbaine en mars 2014: pour un développement du territoire intégré ?

mars 26, 2014 dans Nos réflexions générales


Près de Bilbao, débroussailleuses

Utiliser de l’énergie en détruisant des producteurs d’énergie, relargué du CO2 en détruisant des stockeurs de CO2, quelle cohérence avec les enjeux actuels ?

Agriculture urbaine, péri-urbaine et aménagement du territoire.

S’intéresser à l’espace agricole, à l’urbanisme, aux infrastructures et à leur impact sur leur environnement, tout en ayant la volonté de développer l’agriculture dans ces endroits amène à se poser des questions plus larges sur l’aménagement du territoire. En effet, lorsque l’on repère un endroit en friche, un délaissé lié à une infrastructure routière, ferrée ou industrielle ou bien un espace vert plus ou moins entretenu, se pose alors la question de la conversion potentielle de cet espace en agriculture ou pour une autre utilisation. Si l’agriculture urbaine, productrice d’aliments peut être une solution pertinente pour certains espaces, il semble que pour d’autres de l’élevage, de la foresterie ou de l’agriculture pour la production d’énergie ou pour de l’épuration semblerait plus pertinent… Quelques questions qui se posent dans cette thématique.

1° Pourquoi certains espaces sont entretenus à de forts coûts énergétiques alors qu’ils pourraient devenir producteurs d’énergie, exportateurs ? Que faire pour limiter le coût énergétique de l’entretien des espaces lorsque ceci est obligatoire ?

Il nous semble aberrant de constater que de nombreux espaces aux alentours des villes subissent un entretien très énergivore du à la consommation des nombreuses débroussailleuses, faucheuses d’accotement, tronçonneuses, taille-haies et au gaspillage lié aux feux de branches issus de la taille des arbres en ville. On pourrait s’attendre à ce que dans les espaces où l’agriculture ne peut venir s’introduire pour des raisons de sécurité (parcelle d’échangeur routier par exemple) ou sanitaire (trop forte proximité d’un trafic routier dense) que des cultures à productions énergétiques viennent s’implanter (Taillis à courte rotation, cultures à croissances rapides type Miscanthus, culture d’arbres pour le bois de chauffage ), ou pour réaliser des transferts de fertilité (mise en place de trognes ou d’arbres recépées régulièrement pour produire du Bois Raméal Fragmenté ou culture de légumineuses fauchées pour fertiliser des parcelles en maraichage par exemple),ou pour réaliser des fonctions d’épuration (traitement des eaux usées, des eaux pluviales issues de la voirie). Lorsque la contrainte de l’entretien de l’espace est trop forte (besoin de visibilité dans les carrefours, risque de chute de branche, problème par rapport à la neige..) il peut être bon de trouver des solutions peu coûteuses en énergie, de valoriser les productions (pâturage, utilisation des déchets pour la méthanisation ou la combustion).

2° Comment expliquer l’omniprésence de l’herbe et quelles sont ses fonctions en ville, à quel point peut elle être remplacée ?

En observant la ville, on remarque rapidement que de nombreuses surfaces non bétonnées (car tout de même artificialisées) sont occupées par un gazon très bien entretenu. On peut donc supposer que celui-ci joue un rôle important dans le paysage urbain. Quelques suppositions : la couleur verte maintenue en permanence a une bonne symbolique ‘nature’, cela permet aussi de maintenir un espace ouvert, ouvre de multiples possibilités d’utilisation. Cette ouverture servirait même d’espace de transition aux personnes revenant du travail, une frontière à traverser qui séparerait le monde du travail et la vie personnelle et/ou familiale.

3° Comment planifier l’occupation de l’espace à l’échelle d’une agglomération pour l’optimiser ? Doit on mettre en place des filières territoriales pour les aspects énergétiques ?

Afin de créer des solutions cohérentes et adaptées au territoire, il faut que les cultures mises en place sur les espaces trouvent des débouchés, que des filières se mettent en place, que les techniques et les réglementations s’adaptent..

4° La réinvention de l’entretien de l’espace et des rapports entre les personnes, comment faire pour organiser un entretien par pâturage ou une gestion forestière sur un ensemble d’une multitude de petites parcelles éparpillées ?

Il est très difficile d’imaginer que chacun possède deux ou trois moutons pour entretenir des aires enherbées ou que chacun coupe du bois dans un délaissé pour faire son bois de chauffage… Toutefois, des structures entrepreneuriales ou institutionnelles peuvent se mettre en place ou vendre ou offrir se service.

5° Dans des espaces en constante évolution, avec des dynamiques assez rapides d’urbanisation comment faire pour faciliter des aménagements transitoire ?

L’objectif n’étant pas de figer l’urbanisation, il faut chercher des solutions (réglementaires ou informelles …?) pour permettre par exemple l’occupation temporaire d’une friche avant construction. Cela pose des questions par rapport au régime d’occupation des sols, à la propriété mais aussi en terme d’investissement de la part des jardiniers ou de l’agriculteur qui peuvent avoir du mal à s’investir dans la fertilité d’un sol tout en connaissant l’issue de celui-ci.

débroussailleuses

 

Un bel avenir pour les débroussailleuses comestibles ? quels enjeux sanitaires pour des animaux consommant des zones polluées ? quelles structures professionnelles, foncières, institutionnelles pour favoriser ces pratiques ?

Taxe sur le foncier non bâti : la fin de l’agriculture urbaine et péri-urbaine ?

octobre 23, 2013 dans Nos réflexions générales

Plus qu’ailleurs, les questions foncières en milieu urbain et péri-urbain font couler beaucoup d’encre et suscitent de nombreux débats entre les différents acteurs locaux notamment les urbanistes, le milieu agricole et les élus.

Une nouvelle loi est en projet pour augmenter considérablement les taxes du foncier non bâti de nombreuses villes françaises. La raison d’une telle majoration ? Lutter contre la spéculation foncière. En effet cette forte spéculation est liée à une augmentation continue des prix du foncier constructible dans ces espaces urbains et péri-urbains depuis de nombreuses années. La stratégie de beaucoup de propriétaires consiste à attendre que les prix grimpent un peu plus pour pouvoir vendre toujours plus cher. Pendant ce temps ces terrains ne sont pas valorisés alors que les mairies sont soumises à des objectifs toujours croissants notamment pour la construction de logements. Les taxes foncières sont actuellement faibles pour les terrains non bâtis. L’idée est d‘augmenter ces taxes de manière importante (25% d’augmentation + 5 euros du m² puis 10 euros du m² en 2016) pour pousser les propriétaires à céder leur terrains pour libérer du foncier constructible mobilisable pour la construction d’habitations.

L’agriculture dans tous ça ? Beaucoup d’agriculteurs font la grimace à l’annonce d’une telle mesure.  Il suffit d’ouvrir les journaux pour s’en rendre compte, en exemple un article du Nice Matin. En effet parmi les propriétaires touchés par cette mesure il y a les exploitants agricoles. Cependant cette mesure ne touche qu’une partie des agriculteurs travaillant dans les villes concernées. Cette taxe s’applique uniquement pour le foncier non bâti constructible et non pas sur le foncier non bâti agricole. C’est là que ça se gâte … Les agriculteurs qui travaillent sur des terrains constructibles, soumis à cette nouvelle taxe, seront  redevables d’un montant très important mettant en péril la viabilité de leurs exploitations. Ces exploitants seront obligés d’arrêter leurs activités et de vendre leurs terrains, ne pouvant pas supporter de telles taxes. Voilà d’où vient la grogne des agriculteurs en milieu urbain et péri-urbain. Cette mesure porte atteinte à la conservation d’espaces agricoles en ville qui sont autant d’espaces qui ne participeront pas à l’approvisionnement alimentaire futur de nos villes.

Il faut cependant nuancer ces propos : il serait intéressant de proposer aux agriculteurs soumis à cette taxe de reclasser leurs terrains en non bâti agricole. Il faut savoir que le prix de vente entre un terrain agricole et un terrain constructible peut varier de 1 à 100 euros le m², et bien plus dans certaines régions très attractives. Il est fort à parier que ces agriculteurs ne souhaiteront pas perdre un potentiel économique qui peut s’apparenter à un véritable pactole ! Le classement de terrains en zone constructible ou agricole dépend de la municipalité qui organise la vocation du foncier de sa commune en fonction de son projet de territoire et des différentes contraintes en présence. Ainsi l’agriculture urbaine et péri-urbaine a besoin d’actes politiques forts qui consistent à conserver durablement les espaces classés agricoles sur les documents d’urbanismes tels que le Plan Local d’Urbanisme (PLU).

Les agriculteurs touchés par cette mesure ont ils la possibilité de faire reclasser leurs terrains en agricole pour pouvoir continuer leurs activités ? Auront ils seulement la volonté de le faire au vu de ce que représente la vente d’un terrain constructible ? Toujours est il qu’il peut sembler dommage d’utiliser des méthodes punitives (ici fiscales) pour débloquer de telles situations. N’y aurait il pas un travail à faire de sensibilisation des citoyens sur la nécessité de conserver le potentiel agricole de nos villes futures ? N’est il pas possible de promouvoir la valeur de ces espaces autrement que par des estimations économiques court-termiste ? Le débat est lancé !

photo site peri urbain

Quelques moutons broutent paisiblement aux abords de la ville

 
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