Nos réflexions sur l’agriculture urbaine en mars 2014 : L’esthétique de l’agriculture urbaine

mars 26, 2014 dans Nos réflexions générales

5.1. L’esthétique de l’agriculture urbaine, controverse autour d’une fonction.

L’un des arguments avancés pour la création d’espaces d’agriculture urbaine est l’embellissement de la ville, la réintroduction de la nature dans le paysage urbain. Toutefois, des questions se posent en termes de réalisation des projets d’agriculture urbaine et de résultats esthétiques, ainsi que de la définition de cette notion.

Les jardins autogérés de Madrid sont un exemple de la conciliation sur un même espace d’une visée créatrice et artistique et d’une production de légumes. Les tags sont nombreux mais relèvent d’une dimension plus « dessin et réflexion » que graffiti représentant un mot, un nom. La création prend souvent pour base des objets issus du recyclage, de la récupération, permettant aussi d’exprimer une autre dimension de ces endroits, souhaitant sensibiliser à la réutilisation. C’est ainsi que les meubles, gradins et autres constructions à base de palettes sont présents dans la plupart des jardins urbains de Madrid. Avec en général un fouillis d’objets organisés et disposés de manière esthétique, ces jardins semblent répondre à des valeurs de l’esthétique ‘underground’, à un esthétique alternatif mais finalement codifié.

périphériedujardinStJacques

Aux abords d’un jardin familial à Santiago, des objets plastiques accumulés, provenant en majeure partie du jardin (godets de semis, sacs de terreaux vides, outils…), un paysage esthétique ?

2° a) Mais comment juger de l’esthétique d’un jardin ? b) Les espaces d’agriculture urbaine doivent ils répondre à des codes de propreté, de rigueur de la même manière que la ville qui les entoure ? Comment juger si un jardin va dans le sens de la volonté de remettre de la nature en ville ? c) Que favoriser entre l’appropriation du lieu par les participants et le besoin de rigueur pour que l’espace soit approprié et réponde aux attentes des gens vivant autour ?

2)a) Il est très difficile de juger de l’esthétique d’un espace, les codes étant différents selon les personnes, les attentes..

2)b) Cela pose des questions sur ce que l’on appelle la nature en ville, est-ce une pelouse bien verte et tondue à ras, entourée d’espèces ornementales annuelles disposées en lignes ou accepte-on des espaces où se mêlent de la végétation spontanée, de la terre retournée (les espaces d’agriculture ne pouvant être verts de manière permanente). Doit on alors imposer des directions dans les espaces d’agriculture urbaine pour éviter par exemple la profusion de structures en plastique, en bois en métal, qui peuvent rapidement produire la sensation d’être dans un lieu « insalubre ». A l’inverse, en codifiant l’agriculture urbaine, ne risque-t-on pas d’aller toujours dans le sens d’un nettoyage des centres villes, d’une gentrification de ceux ci, de la même manière que l’on assiste en campagne à un ’embellissement’ des sièges d’exploitation agricole, notamment celles s’insérant dans des dimensions touristiques.

2)c) En souhaitant répondre aux attentes d’un public qui veut des jardins ‘propres’, on risque de limiter l’appropriation des espaces par les participants.

3°) Cette question sur l’esthétique et la valeur paysagère des espaces d’agriculture urbaine semble poser des questions sociales et artistiques intéressantes, auxquelles certains jardiniers trouvent des réponses en mettant en place dans leur jardin des objets purement décoratifs ou en alliant réalisations pratiques et aspect esthétique (ex des petites bordures en cailloux, des moulins à vent de toutes les couleurs, association de plantes productives et de plantes ornementales,…).

 

JardinStJacques

Au milieu de parcelles cultivées, des orties avec du plastique, qu’en pensent les habitants de la ville, les jardiniers des parcelles à côté ?

GraffitiMadrilène

Un mélange jardino-artistique, assez courant à Madrid. Qu’en pensent les gens réfractaires aux graffitis ? Déjà une réponse aux mécontents en faisant des graffitis assez « conventionnels » ?

EsthétiqueUndergroundCodifié

 

Le jardin de Cebada à Madrid, quand l’art urbain attire : de très nombreuses personnes y viennent, notamment les touristes.

DAKAR par Claire Leydet

décembre 8, 2013 dans C'est vous qui le dites !

Voici ce que Claire a appris en discutant avec elle à Dakar :

« MicroJardin du Rond point Liberté 6

Cette dame s’appelle Madame Penda DIOIF mais se fait appeler Mama Africa, c’est la formatrice.
Ce projet de jardin a été mis en place en 1999 dans le cadre du programme de la FAO de lutte contre la faim et la pauvreté, l’objectif étant que l’ensemble des produits cultivés soient auto consommés. Depuis 2006, le projet reçoit des financements différents. Il est encore soutenu par la ville de Dakar et la FAO mais aussi par l’université de Milan qui paye des formations et 1 table de plantation à chacun des participants à la formation.
Cette formation sur le jardinage qu’ils dispensent dure 5 jours et ils apprennent tout m’a-t-elle dit.

Je retournerai volontiers faire un tour au milieux des belles planches de menthe, salade et basilic de ce rond point (Elle fait même des salades menthe… en hydroponie !)

Ah et pour finir sa devise à Mama Africa:

« Un toit, un microjardin, la faim vaincu, la pauvreté éradiqué » 

Un petit article là dessus sur le Sénéplus:
http://seneplus.com/article/le-micro-jardinage-au-senegal-voie-de-d%C3%A9veloppement

Et pour plus d’info : http://microjardin.fr.gd/

Quelques images :

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