Nos réflexions sur l’agriculture urbaine en mars 2014 : Nos premiers résultats, à creuser par la suite, par nous…et par d’autres ?!

mars 26, 2014 dans Nos réflexions générales

Des premiers résultats vraiment intéressants, des pistes de réflexion pour la suite, pour nous..et pour d’autres ?

1° Quand les promoteurs ou les institutions ne construisent pas à cause de la crise, quelle suite demain ?

Nous avons pu constater (à Madrid notamment) que l’un des liens entre la crise économique et l’essor de l’agriculture urbaine est la non construction sur des terrains prévus pour l’urbanisation par les promoteurs immobiliers ou la non réalisation de projets par les communes et les autres institutions. En effet, à Madrid certains terrains sont destinés à la construction d’édifices pour la population (musée, bibliothèque, piscine, école..), or du fait de la crise économique, la mairie ne pouvant financer de projet sur ces terrains, les quartiers en ont profité pour réinvestir ces espaces et en faire « des sortes de place de village ». Actuellement, à Madrid le réseau « Red de huertos urbanos » est en discussion avec la mairie pour transformer l’inscription de ces espaces sur le plan d’urbanisme afin de les noter en « espace vert ». Se pose la question de la réussite de cette discussion et de l’avenir de ces espaces lorsque la crise va se terminer. Un travail de suivi de ces parcelles lors du redémarrage économique de l’Espagne pourrait être intéressant.

Pasdeconstructiondoncunjardin

Un jardin à la place de logements sociaux, quand les institutions n’ont plus d’argent, les habitants ont des idées.

 

2° Les diffusions de technique, une piste à creuser à plusieurs échelles ?

Nous avons remarqué que des dynamiques de diffusion de savoirs et de techniques existent dans les différents réseaux rencontrés. A l’échelle d’une ville comme Bilbao nous avons vu à quel point un agriculteur passionné et impliqué dans la plupart des projets d’agriculture urbaine de cette ville diffuse une pratique pour réaliser un substrat de culture. A Madrid, à l’échelle du Red de Huertos Urbanos, nous avons vu que la plupart des jardins qui en font partie ont de grosses similarités : utilisation de palettes, planches de cultures surélevées, utilisation d’un arrosage goutte à goutte gravitaire,… A Saragosse dans un jardin familial où est dispensé à chaque locataire au départ un cours de jardinage avec des connaissances et des pratiques de cultures biologiques, nous avons pu constaté que de nombreux jardiniers réutilisent notamment la pratique de la culture en buttes sur leur parcelle. Dans d’autres jardins, nous avons pu voir des techniques similaires (parfois un peu étrange) dans des parcelle plus ou moins voisines avec en général des modifications, quel lien entre les jardiniers..

Cela nous amène à penser qu’à l’échelle d’une ville comme d’un jardin divisé en multiples parcelles, se poser la question de la diffusion (consciente et inconsciente -effet de mimétisme?-) de techniques peut faire l’objet d’un travail d’étude socio-technique de plus longue durée.

3° Quel sens à la réalisation de jardins avec beaucoup d’infrastructures, de grillage, de béton ?

Dans les projets réalisés par les institutions comme les mairies, nous avons remarqué que les projets mobilisent parfois des infrastructures importantes (avec de forts coûts financiers) avec des grillages, des cabanes sur dalles de béton et de nombreux autres aménagements qui nous amènent à poser la question : ces projets de jardins familiaux ne sont-ils pas une sorte d’urbanisation des terres agricoles ?

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Autant de grillage et de béton étaient-ils vraiment nécessaires ?

4° L’agriculture urbaine, pour quel public ?

Au fur et à mesure de nos rencontres, nous avons pu constater que certains types publics semblent exister en fonction aussi du type d’agriculture urbaine que nous rencontrons. Toutefois, nous ne sommes pas encore en état de proposer de typologie. Nous pouvons seulement signaler que dans les jardins familiaux créés par les communes nous avons souvent vu des personnes retraitées et qu’en centre ville, sur les lieux autogérés nous avons eu plus à faire à des trentenaires “sensibles” aux questions environnementales.

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Un jardin au public plutôt jeune

5° La vente ou location de terre agricole pour le jardinage urbain, un nouveau marché ?

Nous avons pu constater qu’en Espagne des activités entrepreneuriales de location de jardin sont naissantes. Ce phénomène est aussi visible en France, nous avons vu près de Torreilles une location de jardinage et en sortant de Narbonne un ensemble de parcelles qui ont été vendues au m². N’assisterait-on pas à une nouvelle façon de valoriser les terres agricoles lorsque celles ci sont trop petites pour être cultivées mécaniquement ? une nouvelle forme de diversification d’activités avec la vente des services attenants (eau, cours, engrais, outils, travail du sol et pourquoi pas.. entretien du jardin pendant le départ en vacances du jardinier ?) ? une nouvelle façon de valoriser économiquement des terres sorties de la spéculation à cause d’un PLU en les vendant de manière fragmentée à un prix plus élevé que pour une activité  agricole ?

6°L’éducation, une visée principale de l’agriculture urbaine ?

Une tendance lourde, la volonté d’enseigner, aux urbains, adultes comme enfants la manière dont pousse un légume. Professeur de jardinage, un métier d’avenir ?

pancarteexplicative

 Une des nombreuses pancartes explicatives

éducationentomologie

 Un graffiti/oeuvre d’art/arbre phylogénétique pour expliquer les différentes familles d’insectes

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Une pancarte de sensibilisation sur l’environnement et les déchets « Ceci est un espace autogéré, emmène tes poubelles, il n’y a pas de service de propreté »… n’est ce pas le cas de notre planète ?

 

 

 

 

 

Les grandes villes de France sont concernées … On attend vos photos !

octobre 3, 2013 dans Nos réflexions générales

Nous allons observer l’agriculture urbaine sur nos vélos à travers l’Europe, mais cette agriculture est de plus en plus présente en France, alors on vous fait partager quelques articles trouvés sur la toile pour vous inspirer et surtout… on attend vos photographies !

Toutes les photographies reçues seront publiées sur notre site web et les meilleures d’entre elles rejoindront nos documents (avec votre accord !) !

Allez, faisons le Tour de France ensemble… de l’agriculture urbaine.

Départ à Brest, en passant par Lorient (un arrêt dans la campagne où Simon est en stage) puis Nantes et sa périphérie. On quitte la Bretagne pour descendre vers Bordeaux et sa communauté urbaine, on passe par Toulouse (où des chercheurs s’intéressent à l’agriculture urbaine)  pour rejoindre Narbonne et son projet de ceinture verte (où l’agriculture périurbaine temporaire s’installe) et Montpellier, notre ville d’étudiant. On repart après un petit arrêt pour rejoindre Marseille, Capitale 2013 de l’agri’Culture (comparée à Gênes et Barcelone), Nice et son arrière pays (où stationne Yoann), MentonGrenoble, Lyon et son grand lyon et un arrêt à Clermont Ferrand où se trouve Etienne en ce moment. On repart vers l’Est, Dijon et une association engagée qui occupe la zone des lentillères, Besançon, Nancy, puis Reims pour rejoindre le grand Nord, Lille et ses rues. On redescend en passant par Amiens et c’est l’arrivée sur les Champs Elysées, d’hier à aujourd’hui, à Paris, île de France.

 

On espère ne pas vous avoir perdu sur un toit ou un balcon, au milieu de tomates ou de carottes et on attend le récit de votre étape. Vous aurez pu constater la diversité des créations, des idées, des innovations et l’ampleur des débats dans lesquels s’insère l’agriculture urbaine.

Et pour continuer le tour de France des jardins partagés !

 

 

 

Agriculture urbaine : le début de la discorde ?

août 20, 2013 dans Nos réflexions générales

Voici un article qui pourrait passer inaperçu dans la presse (quoique.. !) mais qui révèle en fait les enjeux cachés de l’agriculture urbaine. Derrière ce conflit local sur l’implantation d’un jardin sur le toit d’un garage ce sont les conflits d’usage liés à la présence de l’agriculture dans ou à côté des villes qui re-surgissent.

Ceux-ci sont traditionnellement portés sur le foncier dans la ceinture péri-urbaine, (nous l’évoquerons dans un prochain article) mais on peut très bien envisager des conflits liés à l’eau, aux odeurs des élevages trop près des villes, à une utilisation de pesticides ou même vis à vis des vergers urbains dont les fruits pourrissants attirent les insectes.

Voici donc l’article sur la destruction d’un potager urbain à Marseille.

Le potager urbain marseillais dévasté - MarsActu/Esther Griffe

Le potager urbain marseillais dévasté – MarsActu/Esther Griffe

Merci Fanny pour cet article.

Si vous apercevez d’autres nouvelles sur ce thème, n’hésitez pas à nous en faire part !

 
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