Immersion agro-urbaine à Bologne

mai 17, 2014 dans Accueil

Nous faisons escale à Bologne du 4 au 6 avril. Ces trois jours pleins nous permettent d’en découvrir beaucoup sur l’agriculture urbaine. Cet article original a pour double objectif de détailler le déroulement de nos travaux dans une ville et de présenter les descriptions volontairement effleurées de chacune des initiatives rencontrées : certaines feront l’objet d’articles spécifiques.

Vendredi 4, direction l’université d’agriculture. Nous traversons le jardin de cette école d’agronomie. C’est un jardin « pédagogique » dans lequel des planches d’environ 1,5 m² sont accompagnées de panneaux présentant les plantes les plus utilisés en agriculture ou en jardinage. Par exemple, nous avons pu voir les différentes espèces et variétés de fourrage ainsi que des légumes comme l’artichaut. Nous n’en savons pas plus sur sa mise en place et son entretien mise à part une affiche dans un couloir qui invite les étudiants à s’impliquer dans la réalisation de ce jardin. Par chance, nous y rencontrons Daniela. Elle réalise une thèse sur agriculture urbaine à Bologne. Grâce à ses connaissances liées à ses travaux, elle est tout à fait à même de nous détailler la situation « agro-urbaine » bolognaise, idéal pour commencer le travail.

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Dans le cadre de son travail de thèse, Daniela travaille sur la relation entre productivité et besoin alimentaire de Bologne. Elle a repéré 80 ha de surface de toit à Bologne qui pourraient être utilisés en jardins. Utopiquement, ça pourrait produire jusqu’à 28% des besoins alimentaires de la ville. Elle nous détaille aussi un projet mené au Brésil : un système de production urbain basé sur de l’hydroponie avec réutilisation de bouteilles en plastique.

D’après Daniela, l’agriculture urbaine est à la mode en Italie. Il y a toujours un moyen de trouver de l’argent pour un projet d’AU. Dans cette optique, l’association BiodiverCity de l’université a été créée en 2010 par les professeurs de l’école et elle-même. Ceux-ci proposent des projets à travers l’association ce qui permet à la municipalité de Bologne (qui adore ces projets) de donner des financements à l’AU. La création de nombreux jardins est ainsi financée, mais l’association veut aussi faire de l’hydroponie là où ils ne peuvent pas mettre de terre.

D’autre initiatives sont évoquées telles que :

  • le projet de jardin communautaire sur le toit d’un immeuble dans un quartier défavorisé
  • Un jardin circulaire tout récent dont les jardiniers viennent d’une coopératice d’insertion sociale.
  • Terra di Nettuno, un groupe qui fait de la « guerilla gardening », des « green attack » dans la ville. Un exemple : en pleine nuit, ils installent un bac de culture en plein milieu d’un trottoir. « Ils travaillent de façon anonyme, mais tout le monde les connait ».
  • Trame Urbane XM 24, un squat reconnu par la mairie dont certains membres font partie des mouvements de « guerrilla gardening » (Via Fioravanti, 24).
  • Un autre squat, le VAG 61 : c’est un vrai centre social. Le mercredi ils font un « agrifood market » et organisent des ateliers sur la thématique : comment faire son jardin urbain ? (Via Paolo Fabbri)
  • Horti city, une entreprise qui est l’union de différentes personnes (chercheurs, entrepreneurs…). Horti city a des projets dans d’autres pays du monde  (l’idée vient de personnes ayant suivi des masters de développement comparé) en faveur de la production agricole en ville. L’entreprise développem et vend des produits.
  • Le jardin Quadriletro (via Ristori)
  • Le jardin d’Aiuola Donata (via Irnerio)
  • Un jardin en permaculture « synergétique », cas unique à Bologne (via herbosa).
  • « Senape », une pépinière urbaine.
  • Un projet de création de maison à insectes avec une école

Daniela nous fait ensuite découvrir les jardins de 100 x100 CAAB, à proximité d’une sorte de marché de gros, à deux pas de l’école d’agronomie. Il a été mis en place l’année passée et commence tout juste à être mis en culture : de nombreuses parcelles sont bien enherbées. Ce sont 100 carrés de 5x5m (taille suffisante pour nourrir une famille de 4 personnes) réservés aux personnes assez jeunes issues de milieux difficiles. En effet, beaucoup des jardins de Bologne sont actuellement réservés aux personnes âgées (environ 3000 jardins). Ce jardin a aussi pour but d’établir la liaison écologique des insectes autour de Bologne (sorte de continuum écologique, corridor).

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Riches de ces informations, nous quittons Daniela et nous dirigeons vers le jardin de la virgule. La création de ce jardin vieux de plus de 20 ans a eu une importance particulière à Bologne. Placé juste devant une barre HLM en courbe donnant sur la rue San Donato reliant à l’époque la campagne à la ville, le jardin familial de la virgule a été mis en place pour ses habitants dont la majorité s’avère être en situation familiales, économique ou sociale difficile. Des familles immigrées aux étudiants de passage, ce jardin accueille donc des profils variés de jardiniers. De part ce profil hétérogène, le jardin de la virgule vient contraster avec une majorité de jardin familiaux de la ville réservés aux retraités. Cet espace de 5000m² regroupe environ 400 jardins de 15m² chacun, pour un loyer faible dont nous n’avons pas récupéré les détails. Nous ne rencontrons personne susceptible de nous en dire plus sur un éventuel « cahier des charges cultural » à respecter. En cette période de crise, l’entretien de son jardin familial permet d’éviter d’acheter trop de fruits et légumes, mais aussi d’expérimenter des cultures. On se souvient de Daniela qui nous a affirmé qu’avec 30m², on peut faire pousser F&L nécessaires à ses besoins (si on est un bon agriculteur !). Au jardin de virgule, la mairie enregistre beaucoup de demandes pour l’obtention d’un emplacement avec une liste d’attente à rallonge : les personnes ne cultivant guère leur espace ne pourront donc probablement pas renouveler leur bail. Un fort attrait donc, et pour cause : ce lieu convivial non loin du centre-ville fait l’objet d’organisation d’évènement festifs de plein air invitant artiste de rues et groupes de musiques.

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Après un repas rapide, nous retrouvons un ami traducteur rencontré la vieille qui nous a arrangé un rendez-vous avec Stefano Peloso, l’un des agriculteurs responsable et fondateur de la coopérative agricole Arvalia (Coopérative du petit pois, traduit du bolognais), parlant uniquement italien. Passionnante et alambiquée, cette discussion nous fait découvrir le fonctionnement d’une CSA (Community Supporting Agriculture) : dans notre cas, c’est une vraie exploitation maraichère dont le fond de roulement se voit financée par l’argent déposé par les membres (coopérateur) de la coopérative. Les fruits et légumes produits sont vendus à ces membres à des tarifs avantageux permettant néanmoins le dégagement de salaires pour les travailleurs agricoles eux même membres de la coopérative. L’ensemble des coopérateurs décide ensemble des lignes directrices du projet. Un article plus complet sur cette initiative paraîtra bientôt.

Après cette belle rencontre, entre deux averses, nous  tombons sur un petit jardin pédagogique dans un parc. Celui-ci est composé de 8 tables de cultures d’environ 2,25m² chacune. Ces tables sont le fruit du projet « Orto in Mercato » soutenu par la ville de Bologne,  par le mouvement Slow Food ainsi que par le Mercato de la Terra di Bologna et par l’entreprise Verdebosco Gardening. Actuellement, seules quelques fèves y sont plantées et un système d’irrigation est en place, mais nous ne rencontrons personne susceptible de nous informer un peu plus. La proximité de ces installations du marché nous fait penser à une possible action de sensibilisation « pendant la saison » (printemps-été).

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Notre ami traducteur nous mène alors vers un lieu au sec pour passer la nuit : le Buco. C’est le lieu de travail de l’association pour la biodiversité , mais l’espace fait aussi office de rencontres lors de l’organisation d’évènements tels que la Disco Soupe ou lors de répétitions de groupes de musiques. Juste devant, un jardin est en naissance. Délimité par des pavés récupérés à partir de la route, ce jardin en construction occupe 7 places de parking condamnées par la mairie pour environ 2 ans. Avec moins de 10cm de haut, ces pavés ne permettent la création d’une épaisseur de sol suffisante pour la mise en culture de nombreux légumes… Cette année, « ça sera de la débrouille » dans ce jardin communautaire écologique.

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Nous passons la nuit au Buco après une visite nocturne du centre- ville.

Le lendemain matin (Samedi 5 avril) en plein cœur de Bologne, nous retrouvons Daniela (la thésarde en agriculture urbaine) qui anime l’un des nombreux stands de l’évènement municipal Food in Piazza. L’objectif de de cette manifestation est la sensibilisation du grand public autour des questions d’alimentation et d’agriculture. Certains panneaux ont même une portée plus profonde allant vers une volonté d’apprentissage de notions telle que le recyclage, le gaspillage, l’utilisation des terres, la mise en culture…  Nous nous attardons sur le stand de Daniela qui présente :

  • Une étagère de culture, œuvre en palette recouverte de quelques plantes en culture hors sol et de cultures et terre (ornementales et/ou comestibles). Ces dernières sont irriguées grâce à un système de goutte à goutte sur l’étage le plus élevé de l’armature de bois qui s’imbibe peu à peu et laisse ruisseler l’eau vers les étages inférieurs, eux aussi plantés. Quelques lampes assurent l’apport lumineux nécessaire à la bonne croissance des végétaux. La structure a été récemment construite il y a 2 semaines par des volontaires engagés dans l’agriculture urbaine. Quelques plantes sont aussi disposées derrière le mur de palette. Irriguées elles-aussi, elles ont moins besoin de lumière que les autres. Cette structure très esthétique nous interroge cependant sur sa fonctionnalité. Il parait en effet difficile de grimper à 1m50 pour entretenir des plantes hautes perchées. L’œuvre présentée ici a pour principal objectif de démontrer la possibilité de cultiver à la verticale, tout en obtenant un ensemble esthétique et composé de matériaux récupérés.

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  • Des kits de culture hors sol (dont certains sont exposés sur la structure en bois) créés par l’entreprise et réseau Horticity. Ces kits comprennent 3 tissus en fibre de coco, 3 « pates » riches en minéraux, 3 lots de graines et un livret d’instruction. Il est vendu environ 12€ et un pack spécial en lots de 20 est vendu à 27€ pour les écoles.

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Quelques passants et groupe d’élèves paraissent intéressés par ces stands qui surprennent.

Vers 13h, nous nous joignons au groupe de l’association  pour la préparation de l’évènement de ce soir : la Disco Soupe ! Le principe : faire le tour des fins de marché et récupérer les fruits et légumes mangeable avant que ceux-ci partent pour la poubelle. En début de soirée, les participants arrivent, découpent et cuisinent tout pour faire des soupes de légumes et des salades de fruit. Quand le repas est prêt, tout le monde se met à table sur fond de spectacle (musique, théâtre, conte…). La soirée continue généralement avec d’autres représentations artistiques. Une initiative qui mêle alimentation, lien social, culture et recyclage : la Disco Soupe, évènement connu ailleurs en Europe, fera l’objet d’un prochain article.

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Un des marchés visités est un peu particulier : tous les exposants adhèrent au mouvement international Slow Food. Derrière cette « nourriture lente » dont le logo utilise l’image de l’escargot, l’idée est de favoriser les produit issus d’une agriculture basée sur la qualité du produit et non pas sur sa quantité. La majorité des producteurs sont donc sensibles aux modes de production non conventionnels tels que la BIO ou le Biodynamie. Plus d’info sur le mouvement Slow Food sur ce lien.

Logo Slow Food.

Une fois la collecte de F&L terminée, nous obtenons un rendez-vous avec Lluana en début d’après-midi. Lluana est l’une des trois responsables du jardin sur le toit d’un immeuble de 15 étages dans le quartier du Buco. Pour une surface de plus de 200m², cet espace surplombant la ville est de loin le plus grand des jardins sur les toits que nous ayons rencontré jusqu’ici. Constitué de bac de culture en terre mais surtout de structure hydroponiques (gouttières à salade, culture sur polystyrène flottant, tubes en verre verticaux…), ce jardin a été financé par la municipalité mais fonctionne aujourd’hui de façon autonome grâce aux quelques jardiniers motivés par la production de légumes quelques marches de chez eux. Nous sommes épatés par le goût d’une salade hydroponique. Réflexions et détails de ce projet à suivre dans un prochain article…

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Il est 18h, et alors même que les premiers participants arrivent pour participer à la Disco Soupe, nous retrouvons une des deux jeunes femmes responsable du site web Gramigna Map. Motivées par l’agriculture urbaine, elles se sont lancées dans un projet de cartographie des jardins urbain de Bologne via la création d’un site web il y a deux ans. Aujourd’hui le site est fonctionnel et recense de nombreux espaces agro-urbains à Bologne allant du potager privé au jardin communautaire, en passant par les jardins familiaux et pédagogiques de la ville… Cette plate-forme modifiable et en libre accès vient considérablement appuyer la dynamique d’expansion de l’agriculture urbaine à Bologne en la rendant plus lisible, localisée et classée par catégories. Un article sera bientôt édité au sujet de cette initiative originale.La soirée Disco Soupe en enchante plus d’un et c’est en musique que se termine notre seconde journée bolognaise.

Impress écran page web

Dimanche 6 avril, nous quittons Bologne en direction de Padou, et nous ne sommes pas au bout de nos surprises. On aperçoit un panneau indiquant un chantier de Terrasole que trouvons quelques minutes plus tard. Repérée sur internet, cette entreprise que nous n’avons pas réussi à joindre réalise des travaux de décaissage/remblayage/préparation de terre pour créer des jardins là où le terrain le permettrait moyennant quelques travaux. La parcelle que nous découvrons est une ancienne parcelle agricole dans laquelle un chemin a été creusé et tassé. La terre est déposée sur les côté pour former les jardins délimités les uns des autres.    Leur site web : http://www.ortidelterrasole.it/index.php/orto/

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Nous traversons la voie ferrée et trouvons une lignée de jardins familiaux. Le seul jardinier que nous réussissons à comprendre nous explique que ces jardins d’environ 5m de large sur 20m de long sont sur les terrains de la compagnie de chemin de fer italienne. Ceux-ci sont occupés depuis plusieurs années et les jardiniers y semblent bien ancrés.

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Deux coups de pédale plus tard, notre dernière trouvaille, toujours le ong de la voie ferrée : une jardin urbains pédagogique pour les enfants : Orto Scuola. L’animatrice de ce jardin circulaire nous explique rapidement son fonctionnement : des outils en plastique pour les enfants et de vrais outils pour les encadrants, un découpage de l’espace rond en quartier pour un accès plus facile, un quartier du rond par école et une « route des odeurs » avec des aromates plantées en périphérie du cercle… Quand les classes d’élèves de primaire arrivent, elles sont enthousiastes. L’animatrice leur explique le travail à réaliser et tout le monde s’y met. C’est ainsi plusieurs fois par jours, les classes de plusieurs écoles se relaient et prennent soin de ce jardin pédagogique partagé inter-école. Les financements de ce jardin 100% biologique proviennent de la mairie. C’est une association de quartier qui gère son fonctionnement avec une main d’œuvre bénévole et très motivée. Voilà qui donne envie de retomber en enfance pour profiter de telles activités à la fois ludiques et pédagogiques !   

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Bologne fut riche en péripétie agro-urbaines : nous en repartons avec l’envie toujours plus grande de découvrir et de comprendre ces systèmes nouveaux et pleins d’avenir…

Nos réflexions sur l’agriculture urbaine en mars 2014 : L’esthétique de l’agriculture urbaine

mars 26, 2014 dans Nos réflexions générales

5.1. L’esthétique de l’agriculture urbaine, controverse autour d’une fonction.

L’un des arguments avancés pour la création d’espaces d’agriculture urbaine est l’embellissement de la ville, la réintroduction de la nature dans le paysage urbain. Toutefois, des questions se posent en termes de réalisation des projets d’agriculture urbaine et de résultats esthétiques, ainsi que de la définition de cette notion.

Les jardins autogérés de Madrid sont un exemple de la conciliation sur un même espace d’une visée créatrice et artistique et d’une production de légumes. Les tags sont nombreux mais relèvent d’une dimension plus « dessin et réflexion » que graffiti représentant un mot, un nom. La création prend souvent pour base des objets issus du recyclage, de la récupération, permettant aussi d’exprimer une autre dimension de ces endroits, souhaitant sensibiliser à la réutilisation. C’est ainsi que les meubles, gradins et autres constructions à base de palettes sont présents dans la plupart des jardins urbains de Madrid. Avec en général un fouillis d’objets organisés et disposés de manière esthétique, ces jardins semblent répondre à des valeurs de l’esthétique ‘underground’, à un esthétique alternatif mais finalement codifié.

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Aux abords d’un jardin familial à Santiago, des objets plastiques accumulés, provenant en majeure partie du jardin (godets de semis, sacs de terreaux vides, outils…), un paysage esthétique ?

2° a) Mais comment juger de l’esthétique d’un jardin ? b) Les espaces d’agriculture urbaine doivent ils répondre à des codes de propreté, de rigueur de la même manière que la ville qui les entoure ? Comment juger si un jardin va dans le sens de la volonté de remettre de la nature en ville ? c) Que favoriser entre l’appropriation du lieu par les participants et le besoin de rigueur pour que l’espace soit approprié et réponde aux attentes des gens vivant autour ?

2)a) Il est très difficile de juger de l’esthétique d’un espace, les codes étant différents selon les personnes, les attentes..

2)b) Cela pose des questions sur ce que l’on appelle la nature en ville, est-ce une pelouse bien verte et tondue à ras, entourée d’espèces ornementales annuelles disposées en lignes ou accepte-on des espaces où se mêlent de la végétation spontanée, de la terre retournée (les espaces d’agriculture ne pouvant être verts de manière permanente). Doit on alors imposer des directions dans les espaces d’agriculture urbaine pour éviter par exemple la profusion de structures en plastique, en bois en métal, qui peuvent rapidement produire la sensation d’être dans un lieu « insalubre ». A l’inverse, en codifiant l’agriculture urbaine, ne risque-t-on pas d’aller toujours dans le sens d’un nettoyage des centres villes, d’une gentrification de ceux ci, de la même manière que l’on assiste en campagne à un ’embellissement’ des sièges d’exploitation agricole, notamment celles s’insérant dans des dimensions touristiques.

2)c) En souhaitant répondre aux attentes d’un public qui veut des jardins ‘propres’, on risque de limiter l’appropriation des espaces par les participants.

3°) Cette question sur l’esthétique et la valeur paysagère des espaces d’agriculture urbaine semble poser des questions sociales et artistiques intéressantes, auxquelles certains jardiniers trouvent des réponses en mettant en place dans leur jardin des objets purement décoratifs ou en alliant réalisations pratiques et aspect esthétique (ex des petites bordures en cailloux, des moulins à vent de toutes les couleurs, association de plantes productives et de plantes ornementales,…).

 

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Au milieu de parcelles cultivées, des orties avec du plastique, qu’en pensent les habitants de la ville, les jardiniers des parcelles à côté ?

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Un mélange jardino-artistique, assez courant à Madrid. Qu’en pensent les gens réfractaires aux graffitis ? Déjà une réponse aux mécontents en faisant des graffitis assez « conventionnels » ?

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Le jardin de Cebada à Madrid, quand l’art urbain attire : de très nombreuses personnes y viennent, notamment les touristes.

Régie municipale agricole

mai 14, 2013 dans Nos réflexions générales

Voilà une forme d’agriculture urbaine qui sert directement les cantines de la municipalité de Mouans-Sartoux.  Pour ce faire, la ville a acquis un domaine agricole de 4 ha et a installé un agriculteur communal sous le label « Agriculture Biologique ». Les cantines bénéficient de produits frais et de proximité  qui sont préparés directement dans les cuisines des écoles.

Cet exemple soulève le problème de l’accès à la terre pour les agriculteurs. Ce problème est amplifié dans un contexte urbain. En effet les terrains constructibles sont beaucoup plus rentables à la vente par rapport à des terrains agricoles. C’est pourquoi de nombreux espaces disponibles pour l’agriculture ne sont pas utilisés en ville et aux abords des villes, victimes de la spéculation foncière.

Les mairies peuvent racheter ces terres ou éviter de les classer en zone constructible pour favoriser l’installation d’agriculteur travaillant pour l’approvisionnement de la ville.

Surement existe t-il d’autres exemples similaires en France ou en Europe … nous le verrons dans quelques temps !!

L’agriculture urbaine, un sujet qui fait l’actualité.

avril 22, 2013 dans Nos réflexions générales

Depuis deux semaines, différents sujets liés au retour de la campagne et de la ville ont été diffusés dans les médias.

Afin de donner quelques pistes d’informations, voici des liens intéressants :

-L’introduction de quatre moutons d’ouessant sur un terrain appartenant aux archives, à Paris (les avantages et inconvénients) :

Des moutons dans la ville…

-L’inauguration d’un toit végétal d’une surface de 7000m² (un stade de football) dans le 15ème arrondissement :

Le plus grand toit végétal de la ville de Paris.

-Un exemple de différentes pratiques concernant le jardinage en ville :

Cinq idées originales pour jardiner sa ville.

Et pour avoir plus d’informations, actualités, données, contacts sur l’agriculture urbaine, n’hésitez pas à visiter notre pearltree (sitographie organisée sous forme d’arborescence d’idées):

Notre pearltree sur l’agriculture urbaine.

Une ville, c’est quoi ? Quel futur pour les villes de demain ?

avril 21, 2013 dans Le projet

Voici une vidéo qui cibles les impacts et les limites des grandes villes d’aujourd’hui… Et qui nous offre quelques perspectives pour les villes de demain.

« (…). En fait la ville commence à la campagne. »

 
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